On le connaissait comme l'homme au chapeau des attentats de Bruxelles en 2016. Selon le réquisitoire du parquet national antiterroriste que France Inter a pu consulter, Mohamed Abrini aurait dû prendre part aux attentats à Paris. Ce ne sont pas trois, mais quatre hommes qui auraient attaqué le Bataclan.

Selon le réquisitoire du parquet antiterroriste sur le 13-Novembre, Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau" des attentats de Bruxelles en 2016, aurait du faire partie des attaques parisiennes.
Selon le réquisitoire du parquet antiterroriste sur le 13-Novembre, Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau" des attentats de Bruxelles en 2016, aurait du faire partie des attaques parisiennes. © AFP / Police fédérale belge

Le jeudi 12 novembre 2015, veille des attentats qui ont fait 130 morts, trois voitures prennent la route depuis la Belgique en direction de Paris. Dans ce convoi rempli d'armes et de ceintures explosives, 11 hommes. Dix formeront les trois commandos des terrasses, du Stade de France et du Bataclan. Le 11e, c'est Mohamed Abrini, connu depuis comme "l'homme au chapeau" des attentats de Bruxelles, le 22 mars 2016, et qui aurait dû faire partie des attaques parisiennes. Il était ainsi "programmé", selon le réquisitoire qui décrypte l'organisation des djihadistes pour ces attaques.  

Dans les voitures, puis dans les planques de région parisienne, les terroristes se sont répartis en différents groupes "en fonction des futures cibles des commandos", peut-on lire. Le premier groupe, c'est "le groupe français" (ainsi qu'il a été désigné par les terroristes eux-mêmes dans un fichier informatique) qui deviendra le commando du Bataclan : quatre hommes, de nationalité française, ensemble dans la même planque d'Alfortville, au sud-est de Paris.  

Un changement de dernière minute

Mais, soudain, l'un d'eux, Bilal Hadfi, change d'affectation. Il rejoint la future équipe kamikaze du Stade de France. Selon le paquet, ce changement de dispositif a une explication : la défection de Mohamed Abrini dont le retour en Belgique au même moment, "n'était pas prévu", précise le réquisitoire. 

Certes, devant le juge d'instruction, "il contestait s'être dégonflé", écrit le ministère public. Mais dans une conversation enregistrée en prison, Salah Abdeslam évoque Mohamed Abrini avec Medhi Nemmouche, le tueur du musée juif de Bruxelles : "On est parti en France et de là, on a reçu des instructions. Mais lui là-bas, il a disparu.

Le parquet national antiterroriste réclame donc le renvoi de Mohamed Abrini devant la cour d'assises spéciale pour "association de malfaiteurs terroriste" et "complicité de meurtres en bande organisée", notamment.

Si la défection de l'"homme au chapeau" est avéré, elle signifie deux choses : la première c'est que Mohamed Abrini était sans doute beaucoup plus qu'un simple chargé de la logistique des attentats. La deuxième c'est que ce ne sont pas trois, mais quatre tueurs qui étaient initialement prévus pour semer la mort au Bataclan.

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