Les Boeing 737 Max vont-ils pouvoir de nouveau voler après 20 mois d’interdiction ? Les autorités américaines pourraient donner leur accord mais cela ne marquera pas la fin des problèmes pour l’avionneur américain.

La compagnie Southwest Airlines dispose de la plus importante flotte mondiale de 737max
La compagnie Southwest Airlines dispose de la plus importante flotte mondiale de 737max © Getty / Icon Sportswire

À l’usine de Renton où sont assemblés les 737 Max, on veut croire à un retour dans le ciel de l’avion vedette du constructeur de Seattle dans les prochaines semaines. Steve Dickson, le directeur de la FAA, l’autorité américaine de sécurité aérienne, a d’ailleurs donné des indications favorables la semaine dernière, annonçant à l’agence Reuters que la nouvelle autorisation de vol pourrait être donnée ce mercredi

Il faut dire que le tout-puissant patron de l’administration fédérale a multiplié les signaux positifs ces dernières semaines, prenant lui-même les commandes d’un 737 Max lors d’un vol d’essai (c’est un ancien pilote de chasse) et annonçant "Je n’accorderais pas mon feu vert tant que je ne serais pas à l’aise avec l’idée d’y faire voler ma famille".

Pourtant, même si la FAA et d’autres organisations comme l’Agence Européenne de Sécurité Aérienne donnent un accord pour un retour du 737 Max, cela ne marquera pas forcement la fin des problèmes pour Boeing et ses clients, les compagnies aériennes. En effet, il faudra tout d’abord remettre à niveau les logiciels des 393 appareils cloués au sol depuis 20 mois, une mise à jour qui pourrait prendre 30 jours par avion avant qu’il puisse reprendre du service. 

Le redécollage prendra des mois 

La compagnie Southwest Airlines, qui dispose de la plus importante flotte mondiale de 737 Max (34 avions), annonce d’ailleurs qu’il lui faudra plusieurs mois pour répondre aux critères de la FFA et dans ces conditions, elle ne devrait pas pouvoir remettre en l’air ses avions avant le deuxième trimestre 2021

Par ailleurs, il faudra former les pilotes à ces nouveaux logiciels, une formation entièrement aux frais de Boeing et qui pose déjà des problèmes aux pilotes américains, qui la trouvent trop courte et pas adaptée.

Mais pour Boeing, il y a urgence à relancer le 737 Max et à le montrer volant au-dessus de Seattle, car c’est peu dire qu’en ce moment l’avion n’a plus la côte. 355 commandes ont été annulées depuis le début de la crise, et plus préoccupant pour l’avionneur, dernièrement Southwest Airlines, première compagnie low cost américaine, jusqu’alors fidèle à Boeing, laissait entendre qu’elle s’intéressait de très près à une autre Appareil : l’Airbus A220 300.

Enfin restera à régler un dernier, mais essentiel problème : celui de l’acceptation et de l’adhésion des passagers. Auront-ils envie de prendre place dans un appareil au lourd passé ? C’est loin d’être certain et d’ailleurs Michael O’Leary, le PDG de Ryanair qui a commandé 135 737 Max, a proposé, tout comme Donald Trump, de trouver un nouveau nom pour cet avion, un nom qui fasse oublier d’un coup de gomme les 346 morts des deux accidents des appareils d’Ethiopian Airlines et de Lion Air.

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