L’UFC-Que Choisir publie ce jeudi une étude concernant le marché des crédits "pourris", autrement dit : les pratiques –parfois proches du harcèlement– des sociétés de recouvrement. Selon l'association de consommateurs, les emprunteurs sont jetés en pâture à ces dernières.

Crédits impayés : un juteux marché pour les sociétés de recouvrement
Crédits impayés : un juteux marché pour les sociétés de recouvrement © Getty / Anchiy

Selon une étude de l'UFC-Que Choisir, publiée jeudi 28 janvier, certains établissements de crédit ressuscitent ce que l'association de consommateurs appelle les publicités "pousse-au-crime", pour inciter les citoyens à souscrire des crédits à la consommation. 

Les impayés atteignent déjà 22 milliards d'euros en 2020

À la veille d'une flambée du chômage, certains établissements de crédits "sont bien décidés à tirer profit de la crise", détaille l'UFC-Que Choisir. L'an dernier, les impayés atteignaient déjà 22 milliards d’euros, tous crédits confondus (1 700 euros par ménage emprunteur) et, selon l'association, la Commission européenne n'aide pas, au contraire. Son "plan d'action" de décembre aboutit à aider les banques à se débarrasser des crédits impayés à des tiers, principalement à des sociétés de recouvrement. Et la méthode de ces dernières est toute trouvée : dans un premier temps, elles rachètent à un prix dérisoires des créances jugées irrécouvrables par les banques et dont certaines ne peuvent même plus être réclamées en justice (justificatifs perdus, dettes éteintes, etc.). Dans un second temps, elles font pression auprès des consommateurs pour en récupérer le paiement en totalité.
D'après L’UFC-Que Choisir, dans ce marché estimé à près de 7 milliards d'euros, ces sociétés de recouvrement engrangent des bénéfices bruts mirobolants (100 % de marge en moyenne, d'après la profession elle-même).

Les pratiques délétères des sociétés de recouvrement

L’UFC-Que Choisir déclare s’alarmer de la flambée des signalements sur les méthodes délétères des sociétés de recouvrement (+ 15 % depuis un an). L’analyse de près de 400 dossiers met ainsi en évidence des pratiques agressives (un signalement sur deux).

Les pratiques nuisibles se répartissent selon les trois axes suivants :

L'opacité comme stratégie : 60 % des plaintes :

  • Un accès entravé aux documents justifiant la dette réclamée.
  • Des remises "perverses" qui ressuscitent des dettes éteintes.

Des recouvrements "agressifs" : 50 % des plaintes

  • Un harcèlement du consommateur et /ou de ses proches.
  • Une ambiguïté entretenue sur la nature des procédures engagées pour contraindre à payer.

Des crédits "fantômes" : 14 % des plaintes

  • Des crédits dont la validité ne peut être démontrée
  • ... et dont certains sont déjà remboursés.

Déterminée à mettre un terme à ces pratiques, l’UFC-Que Choisir indique mettre à disposition un dossier complet de décryptage du secteur des sociétés de recouvrement ainsi qu’un arbre décisionnel d’aide quant à la conduite à tenir.