Plus connue sous le nom "d'exploration urbaine", la pratique consiste à explorer des lieux délaissés par l'homme, parfois depuis des dizaines d'années. Les aventuriers partent à la recherche de sites abandonnés et peuvent trouver des usines, des sanatoriums, des bases de loisirs et même parfois des châteaux.

L'Urbex, ou l'exploration urbaine, est une pratique qui se développe de plus en plus ces dernières années
L'Urbex, ou l'exploration urbaine, est une pratique qui se développe de plus en plus ces dernières années © Radio France / Clément Polyn

Il faut d'abord franchir un grillage, puis descendre une pente raide dans la végétation sur quelques mètres. Puis vient la marche, accroupie, derrière un muret pour éviter les regards, avant d'espérer atteindre l'objectif : une voie ferrée perdue dans la nature, au cœur de la ville. Usines désaffectées, sanatoriums, bases de loisirs : ces lieux perdus, abandonnés, plus ou moins préservés par le temps, constituent un terrain de jeu privilégié pour l'exploration urbaine, aussi appelée "urbex". 

La pratique rassemble des milliers d'aventuriers en France. Un bond dans le passé qui comporte des règles à suivre. "Au début, forcément, on a de l'appréhension d'être dans un endroit inconnu. Puis on découvre la richesse du lieu, et c'est davantage un sentiment d'excitation", décrit François*, un explorateur chevronné. 

Pour faire de l'Urbex il faut parfois passer par des chemins périlleux où la lumière se fait rare
Pour faire de l'Urbex il faut parfois passer par des chemins périlleux où la lumière se fait rare © Radio France / Clément Polyn

Le chemin continue dans un large tunnel. Une fois à l'intérieur, la lumière disparaît lentement et le silence devient pesant. On n'entend plus que le bruit de ses pas. Il faut donc s'équiper et suivre quelques règles de sécurité. "Idéalement, surtout au début, il vaut mieux partir à deux", conseille François. 

On ne sait pas toujours sur qui ou quoi on va tomber. Il faut aussi connaître ses limites : certains endroits ont des trous dans le plancher, des murs hauts à escalader. Il faut savoir s'arrêter quand il le faut.

L'exploration urbaine en France était d'abord limitée à l'exploration des catacombes parisiennes et ses ramifications, parfois interdites au public. Mais la pratique a été popularisée depuis les années 2010, notamment via les réseaux sociaux et avec la photographie. 

"C'est un moyen de capturer un lieu figé dans le temps. On peut dire que _c'est une forme d'art car plusieurs explorateurs urbains font aujourd'hui des expositions avec leurs photos_. Une façon de faire de rendre ces lieux artistiques, mais aussi de rendre compte de trésors cachés", explique François. 

Les lieux d'explorations sont souvent abandonnés par l'Homme et en pleine nature
Les lieux d'explorations sont souvent abandonnés par l'Homme et en pleine nature © Radio France / Clément Polyn

Des expéditions qui sont souvent mémorables. L'une d'elles a particulièrement marqué François :

J'ai trouvé un château laissé à l'abandon il y a quelques semaines, et il y avait tout dedans : des salons, des pianos, le papier peint qui pend au mur... C'était incroyable.

Pour éviter les pillages et les dégradations, la règle d'or des explorateurs est donc de ne donner aucune adresse, et de ne rien toucher une fois sur place.  

Pour se lancer dans l'Urbex, il faudra chercher par soi-même les indices sur Internet ou sur les cartes, même si la pratique est considérée illégale.

* Le prénom a été modifié

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