Les Jeux Olympiques d'hiver doivent débuter dans un an à Pékin et c’est un moment toujours très attendu pour mettre en avant des disciplines peu connues du grand public. Certaines veulent en faire partie. En démonstration en 2014, la cascade de glace ambitionne un destin plus grand encore, pour figurer un jour aux JO.

Louna Ladevant est le meilleur Français de la discipline et souhaite un jour participer aux Jeux Olympiques
Louna Ladevant est le meilleur Français de la discipline et souhaite un jour participer aux Jeux Olympiques © Nils Paillard

Leurs seules armes : deux piolets aiguisés et des chaussures à pointe. Face à eux : une paroi de bois et de glace haute de 24 mètres. Les grimpeurs doivent arriver dans un temps imparti en haut de la tour, une tour de glace à Champagny-en-Vanoise (Savoie), site unique en Europe. Dans son écrin de sapins enneigés, elle a servi de décor aux championnats d’Europe. 

"Un sport hyper beau à regarder" 

La cascade de glace est une discipline plutôt récente et confidentielle pour l’instant, mais elle se rêve un destin olympique. Louna Ladevant est un Français de 20 ans. Vainqueur du circuit de la Coupe du monde l’an passé, il est devenu champion d’Europe le week-end dernier en Savoie. "Notre sport évolue beaucoup d’année en année", détaille le jeune homme qui, avec son frère Tristan, fait partie de l’élite mondiale de la discipline. "Sur de nouvelles voies, on va de plus en plus vite et c’est bien plus attrayant à regarder. On va vers des mouvements aériens, des moments où on est en l’air, sans aucun contact avec le mur. C’est un sport hyper beau à regarder et les gens nous disent que c’est impressionnant.

La Tour de glace de Champagny-en-Vanoise est un site unique en Europe : plus de 20 mètres de haut avec des parois englacées qu'il faut gravir avec des crampons et des piolets.
La Tour de glace de Champagny-en-Vanoise est un site unique en Europe : plus de 20 mètres de haut avec des parois englacées qu'il faut gravir avec des crampons et des piolets. © Radio France / Jérôme Val

Une discipline qui toque à la porte des JO

Des gestes étonnants et des prises de risques : voilà l’argument de poids qui pourrait faire de la cascade de glace un sport olympique. "C’est une discipline intéressante à regarder et je suis convaincu que ça va être aux Jeux Olympiques très rapidement", se réjouit Nils Guillotin, directeur de compétition des championnats d’Europe. Et preuve que la cascade de glace ne séduit pas que pour son côté esthétique, de plus en plus d’adeptes la pratiquent : entre 13 000 et 14 000 personnes en France. "C’est vraiment quelque chose qui explose", poursuit Nils Guillotin. "Les créneaux d’accès libre à la tour de Champagny-en-Vanoise sont remplis à leur maximum. Je suis content de voir un tel engouement. On a des structures, on a des athlètes et on a organisé la discipline pour que ça marche."

Comme d’autres sports tels que le ski-alpinisme, la cascade de glace et sa fédération internationale tapent à la porte des JO. En démonstration aux Jeux de Sotchi en 2014, présente à deux reprises aux Jeux olympiques de la jeunesse, cette discipline voit désormais plus grand. Et ce n’est pas très compliqué, assure Denis Tatoud, l’organisateur des Championnats d’Europe. "C’est tout à fait faisable", raconte le créateur de la tour de glace au début des années 2000. 

"Au regard des équipements nécessaires habituellement pour les disciplines olympiques comme les patinoires ou les pistes de bobsleigh, le coût d’une structure comme ça est minime. C’est donc une activité qui n’est pas difficile à mettre en place." 

Contrairement à une patinoire, une tour de glace est une structure facile à mettre en place : voilà qui plaide selon ses promoteurs pour l'entrée de la cascade de glace aux Jeux
Contrairement à une patinoire, une tour de glace est une structure facile à mettre en place : voilà qui plaide selon ses promoteurs pour l'entrée de la cascade de glace aux Jeux © Radio France / Jérôme Val

Le chemin peut être long, surtout pour convaincre la grosse machine parfois conservatrice des Jeux. Verra-t-on la cascade de glace en Italie, à Cortina d’Ampezzo en 2026 ? Pas certain. En 2030 ? Plus sûrement. En attendant, il faut continuer à développer la cascade de glace pour mieux l’exposer encore. "Les JO, c’est une chose, mais il faut aussi penser au circuit de la Coupe du Monde", selon Luc Thibal, directeur technique national à la fédération française des clubs alpins de montagne. "Il se déroule dans des lieux emblématiques, dans les Alpes, en Corée du Sud ou aux États-Unis. Il prend de l’importance et l’essentiel, c’est de le consolider. En Europe, on a encore des progrès à faire pour aller dans des stations autrichiennes ou allemandes pour lui donner une autre dimension."

À l’image du breakdance ou du skate pour les Jeux d’été, la cascade de glace ambitionne de renouveler et rajeunir le mouvement olympique.

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