Un rapport américain estime que Pékin est en train de construire plus d'une centaine de silos pouvant accueillir des missiles nucléaires intercontinentaux. Le gouvernement chinois balaye l'accusation, mais la dissuasion nucléaire est toujours l'une des pierres angulaires de toute la sécurité nationale chinoise.

Xi Jinping place Tiananmen le 1er juillet 2021, pour célébrer les 100 ans du Parti Communiste Chinois
Xi Jinping place Tiananmen le 1er juillet 2021, pour célébrer les 100 ans du Parti Communiste Chinois © AFP / WANG Zhao

Selon un rapport publié par le Washington Post le 1er juillet, la Chine construirait 119 silos pouvant accueillir des missiles nucléaires intercontinentaux, dans la province du Gansu, dans le nord-ouest du pays. De nouvelles images satellites révèlent également qu’un deuxième site serait en construction au Xinjiang. Ces images ont été analysées par un centre de non-prolifération nucléaire basé en Californie. Dans ce même rapport, les experts expliquaient que les travaux avaient commencé en mars dernier, près du désert de Gobi dans le nord-ouest de la Chine.

Quelques semaines plus tard, un nouveau site aurait été découvert au Xinjiang, près de la préfecture d’Hami. Dans un document, la fédération des scientifiques américains montre des images de la construction d’un champ de 110 silos, identifiés pour abriter des missiles nucléaires. Des dômes seraient installés pour dissimuler le chantier.

Une menace "imaginaire" selon Pékin

Les silos sont-ils destinés à accueillir des missiles nucléaires ? Ou certains peuvent-ils juste servir de leurre ? Le gouvernement chinois n’a pas réagi officiellement à ces informations. Il y a quelques jours, le régime de Pékin a toutefois accusé les États-Unis de diaboliser la Chine, un ennemi qualifié "d’imaginaire" par la diplomatie chinoise.

Mais comme le rappelle le rédacteur en chef du Global Times, quotidien nationaliste chinois, la dissuasion nucléaire est la pierre angulaire assumée de toute la sécurité nationale chinoise. Hu Xijing, le rédacteur en chef du Global Times, explique dans son talk show "Hu’s Talking" sur le web que "la Chine ne doit pas être perturbée par l’opinion publique américaine".

"Je ne sais pas ce que fait la Chine en matière de renforcement de sa dissuasion nucléaire, mais j'espère que la quantité et la qualité de ses armes nucléaire s’améliorent. Regardez ce que les politiques américains disent de la Chine et regardez les actions provocatrices de leurs navires de guerre et de leurs avions près de la Chine."

La Chine doit renforcer sa force militaire dans tous les domaines, et la dissuasion nucléaire est la pierre angulaire de toute la sécurité nationale chinoise.

Song Zhongping, ancien instructeur de l’Armée populaire de libération (l’armée chinoise), interrogé le 2 Juillet par le South China Morning Post, quotidien de Hong Kong, rejette de son côté "un rapport loin d'être fiable" car, dit-il, la technologie des silos est depuis longtemps obsolète : "La Chine utilise des lanceurs mobiles et a écarté les silos fixes."

Quelle capacité nucléaire pour la Chine ?

La République Populaire de Chine a obtenu sa première bombe atomique le 16 octobre 1964, nom de code 596, sur le site d'essais nucléaires de Lop Nur. La Chine est alors devenue la cinquième puissance nucléaire mondiale.

Selon les experts américains, la capacité nucléaire de la Chine serait aujourd'hui en rapide expansion, même si pour l’instant la Russie et les États-Unis détiennent plus de 90 % des armes nucléaires dans le monde, selon le rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockolm (SIPRI) publié en 2020.

En 2020, la Chine disposait de 320 ogives nucléaires, la Russie 6 375, les États-Unis 5 800, la France 290, et la Grande Bretagne 215 selon l’institut suédois. 

Dans son discours du 1er juillet dernier, à l’occasion des 100 ans de la fondation du parti communiste chinois, le président Xi Jinping a souligné l’importance "d’accélérer la modernisation de l’armée et de la défense nationale."

Seule une armée puissante peut assurer la sûreté de l’État en la renforçant grâce à la réforme, aux sciences et technologies. C’est ainsi que notre armée populaire sera en mesure de se hisser au premier rang mondial.

Le programme de professionnalisation de l’armée chinoise ne date pas de l’ère Xi Jinping, mais il est devenu clairement une priorité du gouvernement central chinois.