La couronne du rappeur Notorious B.I.G, portée trois jour avant sa mort, et des lettres d'amour de Tupac, écrites à son amour de jeunesse. Ce sont deux des 120 pièces mises aux enchères ce mardi 15 septembre. La vente, organisée par Sotheby's à New-York, est consacrée à l'histoire et l'impact culturel du hip-hop.

Les rappeurs Tupac et Notorious B.I.G en concert sur la scène du Palladium à New-York, le 23 juillet 1993.
Les rappeurs Tupac et Notorious B.I.G en concert sur la scène du Palladium à New-York, le 23 juillet 1993. © Getty / Al Pereira

Vous avez toujours rêvé de recevoir une lettre d'amour de Tupac ? Si vous en avez les moyens, il n’est pas impossible que l'une d'elles finisse entre vos mains dans quelques jours. Le rappeur a beau être toujours six pieds sous terre, c’est lors d’une vente aux enchères, prévue ce mardi 15 septembre à New-York, que des lettres d'amour écrites par l'artiste seront mises à l'honneur. Mais pas seulement. La fameuse couronne de Notorious B.I.G sera également à vendre, lors de la toute première vente de Sotheby's. Elle sera consacrée à l'histoire du hip-hop, de sa naissance à la fin des années 70 jusqu'à aujourd'hui, en passant par son âge d'or des années 80-90.

Au total, 120 lots seront mis en vente : vêtements, bijoux, photographies et autres pièces liées au genre né dans le Bronx. Et bien sûr, la collection de lettres d'amour de Tupac Shakur, adressées à sa petite amie Kathy Loy lorsqu'ils étaient adolescents à Baltimore, à la fin des années 1980. Ces 22 lettres, sur 42 pages, dressent le portrait d'un jeune homme amoureux, soucieux de déclarer sa flamme à son amour de jeunesse et craignant de la perdre.

La collection comporte 22 lettres d'amour adressées par Tupac à sa petite amie Kathy Loy lorsqu'il était adolescent à Baltimore.
La collection comporte 22 lettres d'amour adressées par Tupac à sa petite amie Kathy Loy lorsqu'il était adolescent à Baltimore. © AFP / ANGELA WEISS

L'interprète des tubes "California," "Changes," "Dear Mama" et "All Eyez On Me" s'épanche derrière sa plume : "Je t'aime plus que jamais. Alors pardonne-moi de continuer. Je t'aime, beauté. Est-ce que tu m'aimes encore ?", peut-on lire. L'artiste, assassiné en 1996, signe "de tout mon cœur, Tupac Shakur" et ajoute "PS: Est-ce que tu m'appelleras ce soir à 23H40 ? Juste pour voir si je vais bien." Le prix de vente de ces missives pourrait atteindre les 80 000 dollars.

L'autre pièce forte de cette vente aux enchères, c'est la célèbre couronne de Biggie. Le père de "Juicy", "Big Poppa" et "Hypnotize" la portait inclinée sur sa tête lors de sa dernière séance photo en 1997 à Los Angeles, trois jours seulement avant son assassinat. L'auteur de la photo, Barron Claiborne, a mis la couronne en plastique, destinée à introniser le rappeur comme "roi de New York", à la vente. Elle devrait partir pour 200 000 à 300 000 dollars.

La couronne mise aux enchères est celle que The Notorious B.I.G portait inclinée sur sa tête lors de sa dernière séance photo en 1997, trois jours seulement avant son assassinat à Los Angeles.
La couronne mise aux enchères est celle que The Notorious B.I.G portait inclinée sur sa tête lors de sa dernière séance photo en 1997, trois jours seulement avant son assassinat à Los Angeles. © AFP / ANGELA WEISS

"Il ne s'agit pas tant de vendre l'objet que de vendre l'histoire derrière", explique à l'AFP Cassandra Hatton, commissaire à l'origine de la vente aux enchères, qui a vocation à devenir un événement annuel. "C'est un objet que nous reconnaissons tous. Vous avez juste à dire “la couronne de Biggie”. Même ma grand-mère, et j'adore ma grand-mère mais elle n'est pas vraiment branchée, même elle savait ce qu'était la couronne de Biggie" s'amuse-t-elle.

Une partie des gains de ces enchères sera reversée à des associations, notamment à Building Beats, qui promeut l'émancipation par la musique.  "Nous souhaitions soutenir des organisations qui soutiennent elles-mêmes la préservation de l'histoire de hip-hop", confie Mme Hatton. La vente aux enchères est unique, non seulement parce qu'elle est la première du genre dans une grande maison internationale, mais aussi parce que la majorité des consignataires sont les artistes eux-mêmes ou leur descendance, plutôt que des collectionneurs.  "C'est le grand débat dans le monde de l'art : est-ce que les artistes reçoivent un quelconque bénéfice de la vente de leur art ?", explique la commissaire.  Dans ce cas, assure-t-elle, "nous pouvons absolument dire que oui".

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