C'est reparti pour les croisières sur des paquebots géants. Deux bateaux ont quitté le port de Marseille ce dimanche soir avec des conditions d'embarquement et de voyage strictes pour les passagers.

Le Costa Smeralda
Le Costa Smeralda © .

Dimanche en fin d'après-midi, le MSC Seaside et le Costa Smeralda ont quitté le port de Marseille pour des croisières d'une semaine en Méditerranée. Un moment symbolique à la fois pour le port de la cité phocéenne et pour les compagnies de croisières, car depuis mars 2020, pratiquement aucun bateau n'avait fait escale et embarqué des passagers ici. Les 3000 passagers embarqués dans chacun des navires, soit la moitié de leur capacité habituelle, ont dû montrer patte blanche, c'est à dire un pass vaccinal et un test antigénique avant l'embarquement, et devront se soumettre à des contrôles quotidiens de température. 

Les croisières ont repris depuis le mois de mai en Italie, mais les paquebots n'ont l'autorisation de faire escale en France que depuis le 30 juin, selon un protocole sanitaire très strict. La croisière-test débutée dimanche s'effectue "en étroite collaboration avec la préfecture des Bouches-du-Rhône, le bataillon des marins-pompiers de Marseille et l'Agence régionale de santé" indique MSC.  Lors du test, "tous les aspects du protocole - du dépistage en continu jusqu'aux outils de contact tracing en passant par les mesures barrières - seront observés en conditions réelles". 

70 milliards de perte pour le secteur

À partir du 4 juillet, le MSC Seaside fera escale à Marseille tous les dimanches. Les compagnies de croisières veulent effacer le souvenir des images de 2020 de paquebots errant de port en port, interdits d'accoster par peur de la Covid-19. 

La pandémie a stoppé brutalement une croissance continue depuis 10 ans dans le secteur, après un pic en 2019 à 29,7 millions de passagers dans le monde dont 15,4 millions de Nord-Américains et 7,7 millions d'Européens, selon un rapport de la Cruise Line International Association (CLIA), l'association des croisiéristes.

Et si les dirigeants des compagnies restent discrets sur les chiffres, tous reconnaissent que ces croisières avec moitié moins de passagers sont loin d’être rentables. Mais l’idée est de redonner l’envie aux touristes d’embarquer sur les géants des mers. Et cela marche puisque, chez Costa Croisières, on affirme que le niveau de réservation est bon, et que pour l’été les navires seront pratiquement pleins.

Pour le secteur des croisières, l'enjeu est énorme, car l'ensemble des entreprises aurait perdu, pendant les six derniers mois, de 64 à 70 milliards de dollars au niveau mondial. Mais visiblement, les deux poids lourds du secteur sont optimistes quant à la reprise puisqu'aucun projet de construction de nouveaux navires sur les chantiers français, finlandais ou italiens, n'a été stoppé.