C’est l’un des départements de France qui accueille le plus de touristes étrangers. Les Anglais se sont réinstallés depuis longtemps tout comme les Hollandais, en camping ou en propriété. Les milliers de grottes et châteaux attirent aussi de plus en plus d’Américains, d’Australiens, de Japonais et de Chinois.

Les canoës ont de nouveau pu se glisser sur la Dordogne le 21 mai 2020
Les canoës ont de nouveau pu se glisser sur la Dordogne le 21 mai 2020 © Radio France / Mathilde Dehimi

Tous sont suspendus aux négociations européennes sur la réouverture des frontières au sein de l’espace Schengen. Car les professionnels du tourisme de Dordogne le disent, les visiteurs étrangers constituent une part très importante de la clientèle notamment l’été. 

"À la haute saison, on parle anglais avec un groupe sur deux" raconte Baptiste Laurent de Canoé Loisirs à Vitrac. Le long de la Dordogne, Granny – comme elle aime se présenter – se promène avec son petit-fils et son amie, eux aussi Britanniques et coincés ici au moment du confinement. Elle habite Cénac depuis trente ans, parle français avec une pointe d’accent. 

Son petit-fils Ruben ne compte pas retourner de sitôt en Angleterre. Granny non plus ne pense pas que les frontières vont rouvrir rapidement, elle s’inquiète de ne pas pouvoir revoir sa famille cet été mais "c’est la santé qui doit primer" dit-elle.

Les Espagnols lancent habituellement la saison

Dans le Périgord, la saison est véritablement lancée quand les Espagnols arrivent pour la semaine sainte de Pâques. Ils laissent ensuite la place aux Français pour les ponts de mai et la fin de saison. Car les places sont très disputées l’été et les touristes étrangers sont bien plus prévoyants que les Français. 

"Dès janvier, on affichait complet sur certaines semaines", raconte Gé Kusters, gérant du camping Le Paradis à saint-Léon-sur-Vézère, ouvert par ses parents hollandais en 1967 et qui n’a toujours pas le droit de rouvrir malgré le déconfinement. 

Gé Kusters, gérant du camping Le Paradis à saint-Léon-sur-Vézère, ouvert par ses parents hollandais en 1967
Gé Kusters, gérant du camping Le Paradis à saint-Léon-sur-Vézère, ouvert par ses parents hollandais en 1967 © Radio France / Mathilde Dehimi

"On a eu des annulations mais aussi beaucoup de gens qui nous appellent car ils espèrent pouvoir venir l’été, ajoute celui qui est aussi vice-président de la fédération nationale  de l’hôtellerie de plein air. En moyenne, les touristes européens représentent 75% de nos occupants, voire 85-90% sur juillet-août."

Des Européens mais peut-être plus d’Américains ni d’Asiatiques cette année

On sera a priori fixé mi-juin sur la possible réouverture des frontières européennes. Au Camping cinq étoiles Le paradis, on est plutôt confiant sur le retour des Hollandais, Allemands et Belges, plus réservés sur la présence des Anglais cette année. 

Pour ceux qui travaillent avec des nationalités plus éloignées encore de la Dordogne, le coup risque d’être plus rude. Hélène et François de la maison d’hôte haut de gamme 1 Logis à Domme guettent la réouverture de l’aéroport de Bergerac par lequel transitent beaucoup de Britanniques mais aussi des Américains.

Ils craignent de ne plus revoir cette année de visiteurs en provenance des États-Unis alors qu’ils constituent 43% de leur clientèle habituelle. Ils doutent aussi de la présence cet été des Australiens, des Japonais et encore moins des Chinois.

Une note d’espoir cependant pour eux, un Canadien les a appelés ce jeudi, pressé de louer une chambre pour… 2021.

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