En association avec la Fédération française Anorexie Boulimie, la Haute autorité de santé publie ce jeudi une série de recommandations, sous la forme de fiches pratiques, pour aider à mieux repérer et prendre en charge deux troubles encore trop tabous : la boulimie et l'hyperphagie boulimique.

Cabinet médical (illustration)
Cabinet médical (illustration) © Radio France / Cyrille Ardaud

Ce sont des maux encore trop mal connus, souvent tabous car liés à une sensation de honte : la boulimie et l'hyperphagie boulimique. Faisant partie, comme l'anorexie, des troubles du comportement alimentaire, ces troubles se manifestent par des crises pendant lesquelles la personne atteinte ingère une grande quantité de nourriture, avec l'impression de ne plus avoir le contrôle. Ces crises, dans le cas de la boulimie (mais pas de l'hyperphagie boulimique), sont compensées par des comportements comme les vomissements ou l'exercice physique.

Confiance et bienveillance

Aujourd'hui, ces troubles sont encore mal traités, alors que selon la Haute autorité de santé, 1,5% des jeunes de 11 à 20 ans en souffrent - c'est la tranche d'âge la plus touchée. Après avoir publié en 2010 une série de recommandations sur l'anorexie mentale, la HAS publie donc ce jeudi un ensemble de recommandations sur la boulimie et l'hyperphagie boulimique. Des recommandations qui prennent la forme de fiches pratiques destinées aux professionnels de santé mais aussi aux proches et aux malades eux-mêmes.

Et ces conseils touchent d'abord le repérage de ce trouble, rendu d'autant plus complexe par le fait que les patients n'osent pas parler de leurs crises. Ainsi, la HAS recommande à la fois aux patients de choisir un professionnel de santé avec lequel ils se sentent en confiance, et aux praticiens de garder en tête que ces troubles ne sont pas liés à un manque de volonté, mais qu'ils nécessitent de vrais soins, et ainsi "prendre en considération la souffrance de la personne dans sa globalité, avec bienveillance et sans jugement".

Signes annonciateurs

Pour aider au repérage de ces troubles, une autre fiche fait une liste des situations à risque et des signes cliniques d'appel qui doivent tout de suite alerter les professionnels de santé mais aussi l'entourage du patient : ce peut être des habitudes alimentaires restrictives, un usage inapproprié de laxatifs, une demande de régime amincissant, ou encore des signes d'abrasions sur le dos de la main qui peuvent révéler des vomissements. En effet, la détection est souvent difficile à l'œil nu en raison des mécanismes compensatoires des personnes boulimiques : ainsi, une pratique trop intensive du sport peut aussi être signe révélateur d'une boulimie.

Ces recommandations s'appliquent en particulier aux professionnels de santé qui peuvent détecter en première ligne les troubles évoqués : les dentistes, les gynécologues ou même les urgentistes. La HAS met d'autant plus l'accent sur la nécessité de prendre en charge la boulimie et l'hyperphagie boulimique pour traiter les troubles psychologiques associés : elle rappelle que ce genre de comportements présente un risque accru de tentatives de suicide, et sont fréquemment associés à des dépressions ou des troubles de la personnalité.

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