Exsangue financièrement, sous le poids d'une énorme dette, le RN est régulièrement menacé de faillite. C'est de nouveau le cas ce vendredi matin avec une audience devant le tribunal de Nanterre, où le parquet va examiner la situation financière du parti de Marine Le Pen.

Marine Le Pen et Jordan Bardella, respectivement présidente et vice-président du RN, dans les locaux du parti à Nanterre
Marine Le Pen et Jordan Bardella, respectivement présidente et vice-président du RN, dans les locaux du parti à Nanterre © AFP / Christophe ARCHAMBAULT

Nouvel épisode judiciaire pour le Rassemblement national, convoqué ce vendredi matin par le tribunal de Nanterre. À l'origine de cette audience, une querelle avec un ancien salarié, Mickaël Ehrminger. 

Le RN, condamné aux prud’hommes à lui verser des indemnités (un peu plus de 20 000 euros), a beaucoup tardé, à coups de chèques mensuels de 2000 euros par mois, et s'est retrouvé assigné en liquidation judiciaire, en février dernier.

Mickaël Ehrminger a finalement été payé avant l'été, mais contre toute attente, le parquet a décidé de maintenir l'audience, le procureur se réservant le droit d'ouvrir une procédure

Une dette échelonnée mais qui enfle

Une menace sérieuse ? Assez pour mettre en alerte Jean-Marie Le Pen, fondateur du FN, brouillé avec sa fille. Mais pas assez pour être évoquée lors de la dernière réunion de cadres du parti… Plusieurs d’entre eux assurent ne pas être inquiets.

Quoi qu'il en soit, cette audience met de nouveau en lumière les difficultés financières du parti. Certes, les dettes (qui ont atteint en 2018 plus de 24 millions d’euros), notamment envers le créditeur russe, l'entreprise Aviazaptchast, ont été échelonnées, faisant gagner du temps au parti. "Mais plus on échelonne, plus la dette enfle" soupire un élu.

Des départs et un déménagement

Pour faire des économies, deux solutions envisagées. Une réduction de la masse salariale (pas de licenciements mais des départs non remplacés), ou un déménagement du siège.

Autrement dit, quitter les spacieux mais onéreux locaux de Nanterre et revenir à Paris intra-muros, dans un local plus petit, moins cher… Et plus présidentiable, plus proche des lieux de pouvoir.

De quoi redonner un tout petit peu d'oxygène, avant d'attaquer les élections régionales et départementales, et la désormais traditionnelle chasse aux prêts et aux dons pour financer les candidats.

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