Le procès de l’écrivaine Asli Erdogan, réfugiée en Europe depuis 2017, s’ouvre ce vendredi à Istanbul. La journaliste engagée dans la défense des droits de l’homme est poursuivie par la justice turque pour avoir écrit dans le journal pro-kurde Ozgur Gundem. Elle risque neuf ans de prison.

Asli Erdopgan en 2018 à Francfort
Asli Erdopgan en 2018 à Francfort © AFP / Daniel ROLAND

Une vie d'exil, d'angoisse et d'épuisement. Un état de santé préoccupant.

Asli Erdogan a été arrêtée et incarcérée en même temps qu’une vingtaine d’autres journalistes du Ozgur Gundem, un journal pro-kurde, dans le contexte des purges qui ont suivi le coup d’État manqué de juillet 2016. 

L’autrice vit en Allemagne depuis 2017, contrainte à l’exil après avoir passé quatre mois derrière les barreaux de la prison pour femmes de Bakirkoy, dans la banlieue d’Istanbul. Elle est venue trouver refuge en France pour suivre son procès, reporté depuis des mois par la justice turque.

Épuisée par les ajournements incessants de son jugement et les menaces qu’elle subit même depuis l’Allemagne, elle vit désormais sous protection policière. 

Après trois années d’incertitude, la justice turque ne lui a confirmé la date de son procès que quelques semaines avant la date finalement retenue du 14 février. Ce qui a compliqué, pour la romancière, la préparation de sa défense mais aussi limité sa force de frappe pour alerter l’opinion sur son sort et, plus largement, sur celui de la liberté d’opinion dans la Turquie de Recep Tayyip Erdogan.

Un pessimisme renforcé par les récents maintiens en détention de son confrère Ahmet Altan ou du leader de la société civile Osman Kavala.

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