La métropole de Rennes innove en matière de mobilités urbaines, pour réduire le trafic et la pollution. Cette ligne régulière desservira à partir de janvier quatre communes du cadran Nord de la métropole, où il n'existe de lignes transversales de transports en commun.

Plutôt que le bus, prenez la "ligne de covoiturage"...
Plutôt que le bus, prenez la "ligne de covoiturage"... © Rennes, Ville & Métropole

Comme une ligne de bus, il y aura des arrêts, précisément sur les communes de Cesson, Saint Grégoire, Pacé et le Rheu. Passage garanti toutes les 10 minutes. Pas besoin de réserver. Car de nombreux automobilistes circulent sur ces trajets pour aller travailler, matin et soir. L'idée consiste à les impliquer pour réduire le trafic routier, et par ricochet, la pollution. "Quand il y a 100 voitures qui circulent en heure de pointe, sur Rennes Métropole, elles transportent 102 passagers", explique Matthieu Theurier, vice président écologiste de la Métropole. Il poursuit : "en fait, il suffirait qu'elles en transportent 110 ou 120 pour qu'on n'ait plus de problèmes de congestion routière et qu'on réduise, du coup, la pollution de l'air".

La métropole n'a pas les moyens d'investir sur des lignes de transports en commun en transversal, qui ne seraient pas forcément rentables. Du coup, elle fait le pari d'impliquer les automobilistes. "Plutôt que de leur dire : vous êtes un problème, et tenter de les amener sur des solutions qu'on aurait du mal à mettre en œuvre, argumente l'élu vert, on s'est dit : 'ils sont peut être la solution'. Et du coup on est un peu sur une logique de transport en commun citoyen." 

Un euro le trajet, même à vide

Les voyageurs y gagnent des invitations sportives ou culturelles. Et les chauffeurs 1 € du trajet

L'initiative ne choque pas Emmanuelle Fournil. Cette salariée de l'association EHOP, qui favorise le développement du covoiturage, explique que ça n’est pas la conviction écologique qui déclenche le covoiturage. Les collectivités dit-elle, ont un rôle à jouer dans le changement de comportement des administrés. Si chacun trie ses déchets aujourd'hui, c'est grâce aux politiques des collectivités : collectes régulières, contenants adaptés, consignes de tri, etc. L'expérimentation de Rennes Métropole sur un axe donné est donc très intéressante dans une optique similaire de massification du covoiturage. Parce qu'elle peut activer deux leviers, explique Emmanuel Fournil : "la solidarité, la volonté de rendre service et d'aider. Et l'argument économique, financier, pour amortir le coût des trajets". Reste à savoir si le système continuera de fonctionner si la rémunération s'arrête.

C'est une application mobile qui mettra en relation les chauffeurs et les voyageurs. Des panneaux lumineux signaleront aux automobilistes qu'un passager attend à un arrêt, et le point de dépose souhaité. Si aucun chauffeur n'est disponible, une navette de transport à la demande pourra être activée. Mais évidemment plus il y aura de candidats automobilistes, plus le service sera performant.

La ligne fonctionnera du lundi au vendredi de 7h à 20h. L'application devrait être mise en service très prochainement. Début de l'expérimentation en janvier. Elle sera évaluée aux alentours de la rentrée de septembre 2021.