À deux jours de l'ouverture du salon de l'Agriculture, l'association de défense des animaux publie des images tournées au sein de l’abattoir Sobeval, à Boulazac. On y voit des veaux encore conscients alors qu'ils sont en train de se vider de leur sang. L214 dénonce des pratiques non conformes à la réglementation.

L'abattoir Sobeval, propriété du groupe hollandais VanDrie, est l'un des plus gros abattoirs de veaux en France
L'abattoir Sobeval, propriété du groupe hollandais VanDrie, est l'un des plus gros abattoirs de veaux en France © capture d'écran / vidéo L214

Certaines images sont, comme à chaque fois, difficilement soutenables. L'association L214 a mis en ligne ce jeudi une nouvelle vidéo dénonçant les conditions d'abattage des animaux. Cette fois, c'est l'abattoir Sobeval, en Dordogne, propriété du groupe hollandais VanDrie, qui a été filmé à son insu en novembre et décembre dernier. Certifié bio et Label rouge, il s'agit de l'un des plus gros abattoirs de veaux en France, qui approvisionne la restauration collective, des boucheries et des grandes surfaces. Près de 700 bêtes y sont tuées chaque jour, soit 90 veaux par heure, selon L214.

"Agonie"

La vidéo, présentée par le journaliste Hugo Clément, détaille la façon dont les veaux sont tués, à la fois selon la méthode standard mais aussi selon les rites cacher et halal - ces derniers nécessitant que l'animal ne soit pas étourdi au moment de sa mise à mort. Des conditions qui, à chaque fois, laissent apparaître "une très grande souffrance", déplore Brigitte Gothière, cofondatrice de L214. 

Alors qu'ils sont suspendus par une patte à la chaîne de saignée, on voit certains veaux s'agiter. L'un dégurgite. "Plusieurs minutes après avoir reçu le premier coup de couteau, alors qu'ils sont en train de se vider de leur sang, certains sont encore conscients. Ils sont en train d'agoniser !", s'indigne la militante pour le bien-être animal.

Des manquements à la réglementation

Pourtant, d'après L214, la réglementation est claire sur ce point : avant de poursuivre leur trajet au sein de la chaîne d'abattage, des contrôles doivent être effectués afin de s'assurer que les animaux sont inconscients et ont perdu leur sensibilité. Normalement, ils ne peuvent pas sortir du box d'immobilisation avant cette vérification. Les ouvriers ne font pas tous les gestes qu'ils devraient faire", insiste Brigitte Gothière. 

Elle note aussi qu'au moment de l'étourdissement des animaux à l'aide d'un pistolet à tige perforante pneumatique, les veaux devraient être totalement immobilisés, afin de faciliter un tir qui se doit d'être extrêmement précis. Or, ce n'est pas le cas sur les images. Encore un manquement à la réglementation, d'après l'association. La vidéo pointe par ailleurs le geste d'un salarié opérant la saignée d'un veau selon le rituel cacher. "Le mouvement de scie est encore plus douloureux", souligne Hugo Clément dans le commentaire. 

L'association L214, qui réclame la fermeture de l'abattoir Sobeval, annonce porter plainte auprès du procureur de Périgueux. "De notre point de vue, les responsabilités de la direction de l'abattoir et des services vétérinaires sont engagées", explique Brigitte Gothière. Elle appelle aussi chaque consommateur à s'interroger sur ses pratiques personnelles. "On mange des animaux qui ont été malheureux et qui meurent dans des souffrances effroyables. Nos habitudes fabriquent énormément de malheur pour les animaux." 

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