La campagne de vaccination a commencé dimanche. Des vaccins sous haute surveillance, car les forces de l'ordre craignent des attaques des sites de stockages, mais aussi des arnaques en tout genre. "La criminalité cherche à profiter de l'effet d'aubaine", explique le porte-parole de la Police nationale.

Ce vaccin, tant attendu et si précieux, est une aubaine pour les criminels de tous poils
Ce vaccin, tant attendu et si précieux, est une aubaine pour les criminels de tous poils © Getty / PeopleImages

Le vaccin contre la Covid-19, tant attendu et si précieux, est une aubaine pour les criminels de tous poils, résume Michel Lavaud, porte-parole de la Police nationale qui se souvient encore de toutes les escroqueries qui ont fleuri au printemps, lors du premier confinement, à propos des masques ou du gel hydroalcoolique. Selon lui, la délinquance "profite des opportunités" et risque de sauter sur "l'effet d'aubaine" que peut représenter une campagne de vaccination. "Il y a le risque qu'ils essayent de vendre des faux vaccins", explique-t-il. 

FRANCE INTER : Les escrocs sont-ils à l'affût de l'arrivée du vaccin ?

MICHEL LAVAUD : "Chaque fois, la criminalité va chercher à profiter de l'effet d'aubaine. Cette campagne de vaccination est une aubaine et va inciter des délinquants à passer à l'acte avec de nouvelles techniques, parce que les vaccins vont constituer ou peuvent constituer à leurs yeux une denrée ou une marchandise précieuse. 

Nous l'avions vu lors du premier confinement lorsque la délinquance avait profité d'opportunités, avait mené des escroqueries sur de faux masques ou des masques ou des gels hydroalcooliques qui n'étaient pas protecteurs. Là encore, la principale menace, c'est celle de la criminalité qui va s'adapter. La police nationale va elle aussi s'adapter et je peux vous dire que nous sommes très précis et très attentifs, par exemple, sur les escroqueries qui pourraient prospérer sur Internet." 

Comment avez-vous suivi la montée en puissance des tentatives d'escroqueries ?

"Le premier confinement nous avait montré que les signalements, via la plateforme Pharos, de contenus illicites sur Internet avaient doublé par rapport à la période antérieure. Les Français nous avaient signalé beaucoup plus de tentative d'escroquerie liée à des faux masques ou des faux gels hydroalcooliques. Donc, là encore, j'en appelle à ce que chacun puisse nous signaler, via moncommissariat.fr qui est notre page web, des contenus qui leur feraient penser à des tentatives d'escroquerie. "

Ces alertes citoyennes avaient permis aussi de démanteler des réseaux de délinquance financière assez sophistiqués ?

"Nous avions relevé et lutté pour endiguer de nombreuses escroqueries que l'on appelle des "faux-vi", des escroqueries aux faux ordres de virement, lorsque des escrocs tirent profit de la distanciation entre les services comptables et financiers et les donneurs d'ordres de certaines entreprises. Cette distanciation, due au télétravail, diminue les mesures de sauvegarde et de sécurité bancaire, les escrocs essayaient de faire croire aux services financiers, isolés chez eux, que les dirigeants et les dirigeants de l'entreprise ont validé une transaction financière. Nous avions alors multiplié les opérations pour démanteler un réseau qui s'y livrait."

Que craignez-vous que les escrocs puissent imaginer ?

"Il y a le risque qu'ils essayent de vendre des faux vaccins. On peut imaginer, par exemple, que des délinquants essayent de faire payer des rendez-vous pour se faire vacciner plus vite que d'autres. On peut aussi imaginer que des escrocs vont essayer de vendre des médicaments qui seraient susceptibles d'accompagner les vaccins, alors que ce n'est pas vrai. À partir d'une vérité, les délinquants vont essayer d'imaginer quelque chose et d'élaborer des scénarios. On peut tout imaginer. Internet, notamment, est souvent le réceptacle de tentatives d'escroqueries qui profitent de circonstances nouvelles pour tout le monde et qui mettent à profit la distanciation et l'isolement de certains pour en faire des victimes d'escroquerie."  

La police nationale incite donc à signaler toute suspicion d'escroqueries autour des vaccins, sur le site internet moncommissariat.fr.