Le texte devait être débattu par les députés à partir du 30 mars. Plusieurs autres dates ont été envisagées, mais la crise du Covid semble avoir sonné le glas de la réforme de l'audiovisuel et notamment de l'audiovisuel public.

La réforme de l'audiovisuel semble avoir du plomb dans l'aile
La réforme de l'audiovisuel semble avoir du plomb dans l'aile © Getty / sykono

Ce devait être l’une des grandes réformes du quinquennat d’Emmanuel Macron : celle de tout le secteur audiovisuel, et surtout de l’audiovisuel public. Plusieurs fois repoussée, elle devait être débattue avant l’été. Elle semble désormais tout bonnement enterrée.

Pas de date dans l’agenda parlementaire et plus grand monde y pour croire, à part peut-être Franck Riester, le ministre de la culture qui, le 26 mai dernier assurait, sur France Info, que "les objectifs qui ont conduit à la création et l'établissement de cette loi audiovisuelle sont toujours d'actualité, je dirais même ils sont encore plus d'actualité".

"Tout ministre tient à sa grande réforme" fait remarquer David Assouline, sénateur socialiste de Paris. "J’étais déjà dubitatif sur son avènement rapide, parce que je ne voyais pas à l’Élysée de grand élan pour la faire aboutir. Aujourd’hui, elle semble enterrée mais il y a des mesures importantes à prendre."

Comme par exemple la transposition de la directive SMA, pour obliger les plateformes à contribuer à la création française. Des mesures qui peuvent être prises par ordonnances ou par décrets. Franck Riester en a d’ailleurs convenu. 

Une holding pour quoi faire ?

Mais créer une holding pour chapeauter l’audiovisuel public, ce qui forcément entraînerait des dépenses alors que France Télévision vient d’annoncer 40 millions d’euros de pertes de recettes publicitaires à cause de la crise du coronavirus, voilà qui soudain semble nettement moins opportun, explique David Assouline : "Ce sont les moyens qui manquent et c'est sur les moyens qu’on doit se concentrer maintenant. On aurait pu nous dire que la réforme n’était pas pour maintenant un plan de relance va arriver pour l’audiovisuel privé et public. Ce n’est pas le cas et ça n’est pas de bon augure." 

On parle toutefois de mesures d’urgence, notamment en matière de publicité, qui pourraient être annoncées prochainement. 

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