La Douma, chambre basse du Parlement russe, a adopté une loi restrictive contre Airbnb. Elle entre en vigueur à partir de ce mardi 1er octobre. Une mesure perçue comme une aide au secteur de l’hôtellerie, et une protection contre les nuisances.

La loi met notamment l’accent sur l’isolation des appartements en location sur Airbnb
La loi met notamment l’accent sur l’isolation des appartements en location sur Airbnb © AFP / Joel SAGET

Une loi, votée par la Douma, la chambre basse du Parlement russe, entre en vigueur ce mardi. Elle impose de nouvelles réglementations strictes visant les services hôteliers dans les immeubles résidentiels. Le texte prévoit notamment l’installation, dans les locaux concernés, de systèmes anti-incendies identiques à ceux des hôtels. 

La loi met également l’accent sur l’isolation des appartements destinés à l’hébergement temporaire. Elle oblige les propriétaires à en faire modifier le statut juridique et fiscal. Enfin, elle précise que certains logements seulement pourront demander une autorisation. En l’occurrence les appartements situés au premier étage (l’équivalent du rez-de-chaussée en France) et bénéficiant d’une entrée indépendante, ainsi que les appartements situés au dernier étage des immeubles ou n’ayant pas de logements résidentiels au-dessus d’eux (des bureaux par exemple). En cas de non-respect de l’une ou l’autre de ces conditions, une fermeture obligatoire sera appliquée.

Des dispositions difficiles à appliquer

Les autorités russes ont ainsi voulu répondre au mécontentement des habitants, soumis notamment aux nuisances sonores liées souvent aux voyageurs qui utilisent les logements de particuliers loués sur internet. Elles ont souhaité également donner un coup de pouce au secteur de la petite hôtellerie, concurrencé de manière frontale. À Moscou par exemple, le prix d’un lit pour une nuit varie entre 8 et 12€, grâce au système de type Airbnb, alors qu’il faut compter entre 40 et 60€ dans un hôtel à prix moyens.

D’après les spécialistes du marché, l’effet dissuasif de la loi, associé aux coûts des mises aux normes, pourrait entraîner la fermeture de 40 % de ces adresses dans la capitale russe. L’estimation atteindrait même 80 % de fermetures pour Saint-Pétersbourg, l’autre grande ville touristique de Russie. Mais il faut d’abord que les autorités parviennent à contrôler efficacement tout le pays. Une opération qui s’annonce longue et difficile. À Moscou, on estime à environ 10.000, le nombre d’appartements résidentiels utilisés comme services hôteliers.

Dans un second temps, selon les spécialistes, il faudra s’attendre à la naissance d’un réseau en ligne parallèle, car les demandes des touristes ne vont pas baisser mais le nombre de logements aura diminué. 

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