La Sacem, qui représente 90 000 auteurs et artistes français (et 310 000 dans le monde au total), annonce un plan de départs volontaires pour alléger son effectif. C'est la conséquence d'une baisse historique de la collecte de droits d'auteurs auprès des diffuseurs en raison de la pandémie de coronavirus.

Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem
Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem © AFP / Chris Delmas

La fermeture des salles de concerts, l'annulation des festivals, la fermeture des bars et restaurants en raison des mesures prises pour lutter contre le coronavirus, ont entrainé de lourdes pertes dans les recettes de la Sacem, l'organisme de répartition des droits d'auteurs auprès des compositeur.rice.s de musique et auteurs et autrices du monde de la musique.

La Sacem redoute que "30% de la valeur économique et des emplois de la musique en France" soient "menacés" selon son directeur-général, Jean-Noël Tronc, en raison de la crise de la Covid-19. Ce secteur représente une activité économique importante, "on parle de 8 milliards d’euros et 250 000 emplois, c’est ça la musique en France" rappelle Jean-Noël Tronc.

200 millions d'euros en moins pour les auteurs et compositeurs

Si l'an dernier la Sacem a reversé 400 millions d'euros à 90 000 ayant-droits dans l'hexagone, elle estime qu'au titre de l'année 2020, ce montant sera divisé par deux. "Nous anticipons la perte totale des droits d’auteurs payés par la Sacem en 2021 à plus de 200 millions. Car les droits d'auteurs sont toujours versés avec quelques mois de décalage, donc c’est à partir de janvier que ça va se sentir. Il faut donc que le gouvernement qui a déjà pris des mesures bienvenues pour les intermittents du spectacle, trouve des compensations également pour les auteurs qui eux, n'ont ni salaire, ni régime d'intermittence" explique-t-il. 

"Des milliers de compositeurs vont arrêter leur carrière" redoute le patron de la Sacem qui estime que "l'heure est grave pour le monde de la musique". 

150 suppressions de postes à la Sacem 

Il estime donc qu'il s'agit désormais de "faire des sacrifices pour être encore plus agile au moment où cette crise épouvantable va prendre fin et continuer à développer la gestion collective". Raison pour laquelle l'organisme a lancé "avec le conseil d’administration", "un plan de transformation massif".

La Sacem emploie actuellement 1 300 salariés, dont la moitié est en chômage partiel actuellement, mais, explique Jean-Noël Tronc, "nous avons annoncé un plan de départ volontaires qui pourrait porter sur 150 postes. Notre but est qu’il n’y ait aucun départ forcé". "Dans un moment pareil, pour une société comme la notre, comme pour beaucoup d‘acteurs de la culture, l’instinct de survie prime et nous sommes d’abord là pour défendre ceux qui sont faibles, les créateurs, car les droits d'auteur, c'est tout ce qu'ils ont". 

Il rappelle que la Sacem, société à but non lucratif, fait face à une équation "difficile", c'est-à-dire "comment faire plus avec moins. C’est un crève-cœur de devoir faire des sacrifices, mais nous devons les faire pour être plus forts pour défendre les gens pour qui nous nous battons". 

Il rappelle que s''il y a aujourd’hui 1 300 salariés, ils étaient 1 500 il y a une dizaine d’années. Les effectifs ont baissé alors que le nombre de membres-artistes a doublé, que le nombre d’œuvres gérées a décuplé et que le nombre de données gérées a été multiplié par un million. La Sacem gère en effet 68 671 milliards d’actes de streaming et de téléchargements traités par les logiciels.   

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