Les cadeaux de seconde main pourraient avoir la cote dans nos foyers pour les fêtes de fin d'année. Mais sommes-nous prêts psychologiquement à les accueillir de la même manière que des cadeaux neufs ? En tout cas, les professionnels du secteur confirment que le marché est en pleine croissance.

Pour des raisons économiques ou par convictions, beaucoup de Français n'achètent plus leurs cadeaux neufs.
Pour des raisons économiques ou par convictions, beaucoup de Français n'achètent plus leurs cadeaux neufs. © AFP / LISA DUCRET

Prendre soin de sa planète et/ou de son portefeuille devient une priorité pour de nombreux Français à Noël. Acheter des cadeaux d'occasion est une solution, mais la peur de passer pour un radin règne. Et ce cadeau a-t-il la même valeur qu'un cadeau neuf dans nos esprits ? "Les freins à acheter du 'seconde main' pour Noël tombent, ça rentre dans les mœurs" assure Nathalie Ourry, directrice de l'association Rejoué, organisme qui collecte et vend des jouets ayant déjà servi. 

L'évolution des mentalités au pied du sapin 

En cette fin d'année, les nouveaux clients ne se comptent plus dans les magasins de l'Association Rejoué à Paris et à Ivry-sur-Seine. "Le chiffre d'affaire est nettement en hausse, 30 % rien qu'en novembre par rapport à l'année dernière, constate Nathalie Ourry. "C'est de plus en plus admis."

L'année dernière, Emmaüs s'était déjà saisi du hashtag #secondemainsouslesapin pour sensibiliser l'acheteur. Cette année, une rubrique "Noël solidaire" permet de faire directement ses achats pour les fêtes sur le site Internet de l'association.

En outre, un duo surprenant s'associe pour surfer sur cette tendance qui se confirme : Leboncoin et Trax magazine, revue consacrée aux musiques et cultures électroniques. Le site de petites annonces et la revue musicale ont fait le pari d'organiser pour Noël une grande brocante musicale de 4 000 m² le 7 décembre au Garage Amelot, à Paris, avec des DJs, "des disques, des sapes, du matos, de la déco et surtout du style, tout pour votre petit frère ou votre grand-mère avant Noël 🎁".

Vinted en plein boom 

Ce site qui permet aux utilisateurs d'acheter, de vendre et d'échanger des vêtements, des jouets et tout type d'accessoires, a un chiffre d'affaire en croissance constante depuis quelques années. Cette plateforme crée en 2008 en Lituanie est arrivée en 2013 en France. "Au début, nos utilisateurs étaient essentiellement des femmes entre 18 et 35 ans pour acheter des vêtements", rapporte Natacha Blanchard, porte-parole de Vinted France. "Ces derniers mois, notre clientèle est devenue plus familiale, la catégorie 'enfant' avec les jouets s'est élargie."

Ces trois derniers mois, Vinted France a gagné un million d'utilisateurs, ce qui porte le nombre total d'utilisateurs à 11 millions pour ce mois de décembre. "Même s'il est encore difficile d'évaluer la part d'achats pour Noël, notre croissance est encore plus forte que l'année précédente, les utilisateurs osent davantage le cadeau de Noël seconde-main."

"Le marché du 'seconde main' est en train de prendre le dessus"

De plus en plus accepté ou à la mode, la seconde main est désormais rentable. Anaïs Dautais Warmel a créé en 2016 sa marque de vêtements "Les Récupérables", des habits conçus à partir de la technique de l'upcycling, consistant à valoriser des pièces existantes. Au début, la créatrice se sentait incomprise dans le milieu de la mode, "on m'a même dit que j'étais excentrique". Trois ans plus tard, la marque cumule près de 23 000 abonnés sur Instagram. 

Cette année, ses commandes pour Noël ont doublé. "J'ai mis en place plusieurs événements spéciaux pour Noël où j'ai sorti des pièces avec des nouveaux motifs à prix réduits et ça marche. Le marché du seconde main est en train de prendre le dessus sur le marché du neuf."

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