Vice-championne du monde de surf grosses vagues, la Française Justine Dupont est consciente que son sport implique des nuisances écologiques. Elle décide aujourd'hui de viser la neutralité carbone.

Nommée quatre fois aux XXL Awards 2020, Justine Dupont a décroché le 10 août dernier le trophée de la "Performance of the Year"  ("Performance de l'année").
Nommée quatre fois aux XXL Awards 2020, Justine Dupont a décroché le 10 août dernier le trophée de la "Performance of the Year" ("Performance de l'année"). © Justine Dupont

Elle vise un objectif zéro carbone. Originaire des Landes, la surfeuse professionnelle Justine Dupont détient un palmarès impressionnant. Vice-championne du monde de surf de grosses vagues mais aussi championne du monde de stand-up paddle, elle est aussi engagée, lorsqu'elle ne combat pas les vagues, contre les dommages écologiques. Entre ses deux lieux de résidence, les Landes en France et Nazaré au Portugal, Justine Dupont mène une campagne pour l'environnement. Aujourd'hui, elle décide d'aller encore plus loin et d'appliquer cela dans son travail : consciente que son sport est polluant, elle décide de viser la neutralité carbone.

FRANCE INTER : Comment vous est venue cette sensibilité écologique ?

JUSTINE DUPONT : "C’est familial, mon père aimait beaucoup la nature, il nous a transmis cette amour. Je fais du surf donc je suis dans l’océan tout le temps. Petit à petit, je me suis demandée comment faire ma petite part. Dans mon quotidien déjà, je ne mange pas de viande, je vais faire mes courses dans les marchés locaux, je ne produis que très peu de déchets. Et je voulais appliquer ces principes aussi à mon travail, ma passion, le surf."

Justement en quoi votre métier nuit-il à l’environnement ?

"D’abord les déplacements. Même si je voyage moins qu’avant car je fais moins de compétitions, je prends quand même l’avion trois ou quatre fois par an pour suivre les tempêtes [à l’origine des grosses vagues, NDLR] dans l’hémisphère Nord l’hiver et dans l’hémisphère Sud l’été. Quand je surfe au large, je suis aussi obligée d’être tractée en jet-ski pour atteindre la vitesse suffisante pour partir sur la vague, je ne peux pas y aller à la force des bras. Et pour ma sécurité, il faut que le jet-ski me récupère rapidement. Or, il consomme de l’essence, pour l’instant il n’y en a pas d’électrique, bientôt j’espère ! Donc toute cette empreinte carbone, je ne peux pas l’éviter car elle est inhérente à ma pratique sportive."

Depuis août 2019, Justine Dupont partage fréquemment des vidéos sur sa chaine Youtube appelée "Au Fil Des Vagues".
Depuis août 2019, Justine Dupont partage fréquemment des vidéos sur sa chaine Youtube appelée "Au Fil Des Vagues". / Justine Dupont

C’est la raison pour laquelle vous avez décidé de tendre vers la neutralité carbone. Comment ça marche ?

"Avec mon partenaire, la Maif, on mesure le taux de CO2 que j’émets et on le convertit en euros et cela correspond au montant que je verse à une association pour la défense de l’environnement. Par exemple, jusqu’à récemment je consommais l’équivalent de 10 000 euros. Je verserai l’équivalent de ma contribution carbone pour reboiser la forêt de Chiberta à Anglet, détruite il y a quelques semaines. Je verserai une moitié, et la Maif l’autre moitié. Cela représente une certaine somme pour moi, récemment, par exemple, je n’ai pas pu recevoir un trophée qui représentait 10 000 euros."

C’est important que les sportifs s’engagent concrètement ?

"Je pense que nous, sportifs, devons être des porte-paroles, des modèles car nous sommes écoutés, peu importe la cause. La mienne, c’est cette préservation de la nature. Par ailleurs, je vais participer à des opérations de ramassage des déchets et autres événements liés à l’environnement, il y en aura 300 le printemps prochain."

Et vos sponsors, est-ce qu’ils vous suivent dans cette démarche environnementale ?

"Oui et c’est ainsi que je les choisis. J’ai par exemple un partenariat avec Adidas parce que je suis sensible à leur projet de n’avoir des vêtements qui ne sont issus que de plastiques recyclés, à moitié d’ici fin 2020 et en totalité d’ici 2024."

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