Les températures ont atteint des records fin juin dans l’ouest de l’Amérique du Nord, avec 43,3 °C relevés aux États-Unis, 49,6 °C à Lytton au Canada, provoquant d'immenses feux de forêts. Un réseau international de scientifiques a analysé le lien avec le réchauffement climatique.

Les fortes chaleurs ont déclenché des incendies dans l'ouest du Canada, dans la région de Lytton.
Les fortes chaleurs ont déclenché des incendies dans l'ouest du Canada, dans la région de Lytton. © Maxppp / Darryl Dyck

Les images ont fait le tour du monde. Après un record de chaleur de 49,6°C, le village de Lytton en Colombie-Britannique est ravagé par les incendies. Vingt-sept chercheurs du monde entier (Canada, États-Unis, Allemagne, Pays-Bas, Suisse, France et Royaume-Uni), rassemblés par le réseau World Weather Attribution ont analysé le lien entre la canicule qui a sévi sur la côte ouest en Colombie-Britannique, au Canada, et plus au sud, jusqu'à la ville de Portland aux Etats-Unis, et le réchauffement climatique. Ils ont utilisé les observations de terrain (les relevés de température des stations) passées au crible d'une vingtaine de modèles climatiques pour conclure que cette vague de chaleur aurait été pratiquement impossible sans l'influence du changement climatique causé par l'homme.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Un phénomène météo extrême dont on ne connait pas encore tous les mécanismes

Battre des records de température c'est une chose, mais les pulvériser avec des dépassements de 4°C ou 5°C comme cela a été observé au Canada et aux États-Unis, c'est ce qui surprend le plus la vingtaine de scientifiques qui ont analysé cette vague de chaleur au sein du réseau WWA. Parmi eux, le climatologue Robert Vautard, directeur de l'Institut Paul-Simon Laplace spécialisé dans les sciences du climat : "L'évènement est tellement exceptionnel qu'il est extrêmement difficile pour les modélisations statistiques que nous faisons. Nous avons beaucoup de mal à caler un modèle scientifique sur de tels dépassements des records de température précédents. 

On est un petit peu sidéré, je crois qu'il faut le dire, par l’amplitude de cet évènement.

Cette vague de chaleur s'est formée en raison de conditions météorologiques exceptionnelles. Mais les scientifiques reconnaissent qu'ils ne comprennent pas tous les mécanismes à l'œuvre qui ont conduit à de tels records de température. Une certitude : cette vague de chaleur hors norme aurait été presque impossible sans le changement climatique, explique Robert Vautard : "Pour toutes les vagues de chaleur que nous avons analysées ces dix dernières années, le réchauffement climatique a montré un effet qui est d'augmenter leur amplitude et leur fréquence". Dans ce cas précis, relève l'étude réalisée par le WWA, "la vague de chaleur a été environ 2°C plus chaude que n'aurait été un évènement semblable au début de la révolution industrielle". 

Ce type de vague de chaleur reste encore rare, voire extrêmement rare, mais elle doit nous alerter, disent les scientifiques. D'autant qu'elle  est survenue à la même latitude qu'une ville comme Lille. 

Les relevés des températures de plusieurs stations météo, plus le point est rouge, plus les records ont été importants.
Les relevés des températures de plusieurs stations météo, plus le point est rouge, plus les records ont été importants. / World Weather Attribution

Si nous ne diminuons pas les émissions de gaz à effet de serre, "les températures mondiales continueront d'augmenter et les événements comme celui de Lytton deviendront plus fréquents." Et même si l'on parvient à limiter la hausse des températures à 2 °C, (c'est l'objectif fixé par l'Accord de Paris sur le climat mais nous sommes plutôt sur une trajectoire de 3°C), "une telle vague de chaleur comme celle-ci pourrait  se reproduire tous les 5 à 10 ans".

Thèmes associés