Découverte dans les ruines du Théâtre antique, et exposée au Louvre, la "Vénus d'Arles" est aujourd'hui demandée en prêt par sa ville qui demande à l'État "un geste amical et culturel" envers les territoires.

Profil droit de la Vénus d'Arles et le bras rajouté par Girardon avec la pomme de Pâris.
Profil droit de la Vénus d'Arles et le bras rajouté par Girardon avec la pomme de Pâris. © Wikipedia / Marie-Lan Nguyen

La statue a été découverte dans les ruines du Théâtre antique d’Arles en 1651 et elle a été offerte par la ville d’Arles en 1658 au roi Soleil, pour s’attirer ses bonnes grâces (ce qui ne sera pas le cas). Elle appartient donc aux collections nationales.

Dans son drapé de pierre qui dénude une poitrine adolescente, cette Vénus a vécu une histoire prestigieuse malgré sa mutilation, car, quand on la découvre, il lui manque ses deux bras. 

Le sculpteur de la cour, Girardon, va réparer cette mutilation. Il lui greffe un bras droit tenant une pomme, et un bras gauche censé tenir un miroir, les attributs d’Aphrodite…

La Vénus se retrouve dans la galerie des Glaces à Versailles avant de rejoindre les collections du Louvre

"Un geste amical pour une ville totalement dévouée à la culture"

Aujourd’hui, Patrick de Carolis, le maire d’Arles, demande à la ministre de la Culture une mise en dépôt temporaire de la Vénus dans sa ville. La statue est déjà revenue à Arles à l’occasion d’une exposition en 2013.

Patrick de Carolis avance des arguments pour justifier ce retour en terre natale de ce chef d’œuvre antique : "En 2021, Arles va fêter les 40 ans de l’inscription de huit de ses monuments antiques au Patrimoine de l’Unesco. Pour couronner cet anniversaire, nous caressons l’espoir de voir revenir, pour une durée plus ou moins longue, la Vénus d’Arles", explique le maire. 

"Mais dans mon esprit, il ne s’agit surtout pas d’une restitution, mais d’une mise en dépôt de l’œuvre, plaide l'ancien président de France Télévision, puisqu’elle a été offerte à Louis XIV et donc à l’État. Nous verrions dans ce geste, à la fois, le témoignage d’une politique de circulation des œuvres, mais surtout un geste amical pour une ville totalement dévouée à la culture".

Patrick de Carolis, qui fut également directeur du musée Marmottan Monet, doit rencontrer le président du Louvre, Jean-Luc Martinez, en début d’année 2021. Avec cette question… pour son retour : la Vénus jouera-t-elle "l’Arlésienne" ?