Le parti présidentiel absent de 90% des cantons, le RN seul face à la gauche dans au moins 150 cantons, deux ministres candidats et six binômes de "gilets jaunes" : France Inter a épluché les listes candidates pour les élections départementales 2021.

Les 20 et 27 juin prochain se tiennent les élections départementales, en même temps que les élections régionales.
Les 20 et 27 juin prochain se tiennent les élections départementales, en même temps que les élections régionales. © Radio France / Xavier Demagny

95 conseils départementaux à renouveler, plus de 4.000 conseillers à élire, en métropole et en outre-mer. Les 20 et 27 juin prochain se tiennent les élections départementales, en même temps que les élections régionales. Dans chacun des 2.028 cantons qui découpent le territoire français (à l'exception de Paris, la métropole de Lyon, la Corse, la Guyane, la Martinique), les électeurs seront amenés à voter pour un binôme femme-homme. 

L'examen du registre des listes, déposées depuis le 17 mai, montre que le parti présidentiel, la République en marche, est présent dans moins de 10% des cantons au contraire du Rassemblement national, qui présente une doublette dans 80% d'entre eux. La gauche, qui avait perdu en 2015 près d'une trentaine de départements, récupérés par la droite, représente environ 40% des candidatures. 

En Marche présente en son nom dans moins de 10 % des cantons

Alors que le chef de l'État se lance dans une tournée pour "accompagner la réouverture" et "prendre le pouls" de la France à travers une série d'une dizaine de déplacements jusqu'à la fin juillet, le parti présidentiel peine toujours à avoir un véritable ancrage local. Pour preuve, la République en marche est présente, pour ces départementales, dans moins de 10% des cantons en son nom propre, c'est-à-dire sous une étiquette "La République en marche" seule. Cela représente 185 cantons sur 2028.

Cette statistique ne prend évidemment pas en compte les très probables soutiens apportés par LaRem à des candidatures non étiquetées ou centristes, difficilement décelables dans la grille de nuances établie par le ministère de l'Intérieur. 

Le RN est seul à droite dans au moins 150 cantons

Le Rassemblement national, présent lui dans 80% des cantons, soit trois cantons sur quatre, est la nuance de binômes la plus représentée de ces élections. Le parti de Marine Le Pen, qui compte sur ces élections régionales et départementales pour un coup de force à un an de l'élection présidentielle de 2022, est en plus présent dans au moins 150 cantons sans adversaire à droite ou au centre, dont, par exemple, une quinzaine dans le Pas-de-Calais ou dans l'Hérault.

La gauche représente près de 40 % des candidatures

Signe de sa pluralité ou de son morcèlement, c'est selon, la gauche représente, toutes tendances confondues (extrême gauche, communistes, insoumis, socialistes, radicaux, écologistes ou unions), 3.055 binômes étiquetés sur 7.545, soit 38,7% des candidatures à ces départementales. 

Mais tout cela se divise en 16 nuances différentes : on compte une majorité de listes "divers gauche" (748 binômes) et "union de la gauche et des écologistes" (587 binômes) ou "union de la gauche" (544). Les socialistes ne présentent sous leur seule étiquette seulement 285 binômes en métropole (3.7% des candidatures) contre 966 (11%), en 2015. Soit trois points de moins qu'il y a six ans. 

Six binômes "gilets jaunes"

Six binômes répondent à la nuance "gilets jaunes" fixée par le ministère de l'Intérieur pour ces élections départementales. Cette classification avait fait sa première apparition au moment des élections européennes. On compte quatre binômes en Haute-Savoie dont trois à Annecy, un à Avranches (Manche) et un dans le Gard, à Bagnols-sur-Cèze. 

Deux ministres se présentent 

La plupart des ministres qui sont actuellement en campagne bataillent plutôt pour les régionales. Néanmoins, Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur est candidat dans le canton de Tourcoing 1 (Nord) et Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, est candidat à sa réélection dans le canton de Vernon, ville dont il a été maire de 2014 à 2015, avant d'obtenir son siège de conseiller départemental. 

Enfin, la ministre déléguée chargée des Anciens combattants, Genevière Darrieussecq, est suppléante dans le canton de Mont-de-Marsan 2 (Landes). 

Le nombre de candidats en baisse de 14% par rapport à 2015

En métropole, le nombre de candidats a baissé de 14% entre ces élections départementales de 2021 et celles de 2015. On compte en effet 7.545 binômes cette année, soit 15.090 candidats pour 3.938 sièges à pouvoir. Mais en 2015, il y avait 17.648 candidatures soit 2.558 de plus. 

Proportionnellement, cela représente 3,8 candidats par siège à pourvoir contre 4,4 il y a six ans

Les candidats ont en moyenne 52 ans

Les candidates et candidats aux départementales ont en moyenne 52 ans, cette année. C'est très légèrement plus qu'il y a six ans (51 ans en 2015). 

Le candidat le plus âgé, Marcel Bougé est né en 1935 (86 ans) et se présente sous l'étiquette RN à Vic-le-Comte dans le Puy-de-Dôme. La plus jeune, Yana Enger, née en 2003 (18 ans), est encore lycéenne et représente un binôme écologiste pour le canton d’Ingwiller, au nord-ouest de Strasbourg. Ils sont une petite quarantaine de candidats à avoir moins de 20 ans. 

Professions : les candidats sont majoritairement retraités

La majorité des candidats aux élections régionales s'avèrent être des retraités (plus de 3 300 candidats). Suivent ensuite les cadres du privé ou du public (2 400) et les enseignants, professeurs des écoles, professeurs, ou chercheurs sont aussi près de 1 500 à se présenter. On compte aussi environ 415 agriculteurs, 390 chefs d'entreprise, 300 étudiants ou 250 artisans ou commerçants.  

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