Faut-il y voir une prise de conscience du gouvernement ? En tout cas, les ministres de l'Agriculture et de la Transition écologique ont été priés de se pencher - rapidement - sur la question du bien-être animal.

Lors du vote de la loi sur l'Alimentation, tous les amendements  en faveur de la cause animale avaient été rejetés.
Lors du vote de la loi sur l'Alimentation, tous les amendements en faveur de la cause animale avaient été rejetés. © AFP / FRED TANNEAU

Le parti animaliste avait surpris tout le monde, aux élections européennes de mai dernier, en obtenant près de 500 000 voix. C'était presque autant que les communistes et les centristes de l'UDI. Et plus qu'une reconversion tardive, cet intérêt pour le bien-être animal semble être un coup politique que tente Emmanuel Macron. 

Après avoir anéanti les socialistes, et annexé toute une partie de la droite modérée, le président s'intéresse à présent aux écologistes mais aussi à l'électorat populaire. Voilà pourquoi, la question du bien-être animal est traitée, en cette rentrée, comme une priorité. 

Elisabeth Borne sauve un l'ours Misha

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, consulte sur les animaux sauvages. 

Elle vient d'interdire qu'un ours captif, Mischa, utilisé dans des spectacles itinérants à travers la France, continue à être présenté au public, au vu de son état de santé. Cet ours était présenté lors de spectacles dans des villes où il devait s'asseoir sur une chaise ou avancer sur un ballon, selon des vidéos postées sur Internet. "Alertée par les services de l'État et des ONG sur les conditions de détention de l'ours Mischa, utilisé dans des spectacles itinérants à travers la France, Elisabeth Borne a demandé à ce que tous les contrôles nécessaires soient menés", explique le ministère dans un communiqué

Ces contrôles, effectués par les services vétérinaires du Loir-et-Cher et du Pas-de-calais, ainsi que par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), ont décelé des manquements sur les conditions de captivité ainsi que des pathologies. L'animal sera soigné et les propriétaires devront poursuivre ces soins. Si la situation ne s'est pas améliorée d'ici cinq jours, "une procédure de saisie de l'ours pourrait être engagée en lien avec le parquet".

Par ailleurs, Elisabeth Borne détaillera un plan d'action pour améliorer la prise en compte des conditions d’accueil de la faune sauvage captive cet automne. Cela concernera le bien-être animal de la faune sauvage dans les zoos, les cirques, les delphinariums et l’élevage des visons pour la fourrure.

Didier Guillaume cherche le bien-être dans les élevages

Alors qu'un collectif de personnalités et des responsables d'associations réclament un ministère de la Protection Animale dans une tribune diffusée jeudi sur le site de Libération. Il réclame même que Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, quitte son poste, car il assistait le 14 août à une corrida dans les arènes de Bayonne, et "il apparaît aujourd'hui manifeste que monsieur Didier Guillaume ne peut plus rester en charge de la protection animale. La compétence "protection animale" doit donc lui être retirée". 

Didier Guillaume a reçu la mission de travailler sur les animaux d'élevage. Et des annonces sont attendues avant début novembre. On se demande juste pourquoi y a-t-il une telle urgence ? Parce que le Gouvernement - comme l'explique en coulisse, un ministre - "est passé, l'an dernier, complètement à côté du sujet"

Dans sa loi sur l'alimentation, tous les amendements pour améliorer la cause animale avaient systématiquement été rejetés. Cela avait beaucoup déplu aux urbains-écolos, mais aussi, aux ruraux - ceux notamment, qui soutiennent les combats de Brigitte Bardot. Et c'est bien là, reconnaît ce même ministre, tout l'objectif d'Emmanuel Macron : aller sur le terrain des extrêmes, chercher l'électorat de Marine Le Pen. 

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