Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a rappelé vendredi "l'engagement du président de la République" de mettre en place des "chèques alimentation", comme annoncé le 14 décembre devant la Convention citoyenne pour le climat, à l'origine de la proposition. Pourtant, rien ne semble encore vraiment tranché.

Emmanuel Macron s'est engagé en décembre devant les membres de la convention climat à mettre en place le chèque alimentaire
Emmanuel Macron s'est engagé en décembre devant les membres de la convention climat à mettre en place le chèque alimentaire © AFP / POOL / Thibault Camus

Un chèque alimentaire pour aider les plus modestes à manger mieux et pour aider les agriculteurs les plus vertueux : c'est l'une des propositions de la Convention citoyenne pour le climat qui ne figure pas dans le projet de loi présenté la semaine dernière en Conseil des ministres. Le gouvernement cherche toujours la bonne formule. L'Élysée et Matignon doivent trancher dans les tout prochains jours, avec l'objectif de lancer le dispositif dès le mois de septembre. Et les débats sont très tendus au sein de l'exécutif et de la majorité présidentielle.

C'est le président lui-même qui s'est engagé en décembre, devant les membres de la convention climat : "Je suis d'accord sur le chèque alimentaire, donc il faut qu'on le fasse. Vous avez raison, on va le faire", avait affirmé le président.

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Depuis, la Macronie phosphore, et c'est peu dire que les positions sont tranchées : le ministère de l'Agriculture, la République En Marche et les parlementaires de la majorité proposent un chèque de 30 à 50 euros par mois pour les jeunes et les familles les plus précaires, à dépenser y compris en grandes surfaces.

Une facture de 4 milliards... ou 200 millions

Mounir Mahjoubi est en pointe sur ce projet. "Le but, c'est que ça concerne des produits frais, de qualité, pas que bio", explique le député La République en marche de Paris. "La majeure partie de l'argent qui sera dépensé à travers ces chèques ira directement auprès des agriculteurs vertueux, ceux qui ont fait des efforts, donc c'est : gagnant, gagnant, gagnant. Gagnant pour les familles qui ont des produits de qualité, gagnant pour les agriculteurs, et gagnant pour la planète."

Sauf que tout cela est assez compliqué à mettre en place et cher, jusqu'à 4 milliards d'euros. Impensable pour Bercy, qui pousse pour un dispositif beaucoup plus modeste, autour de 200 millions. "C'est bien gentil de rêver, mais c'est une usine à gaz. Le système français crève de toutes ces aides sociales et il y a de plus en plus de pauvres", s'emporte un conseiller de Bruno Le Maire.

"Un pognon de dingue" pourrait dire Emmanuel Macron... Alors, l'enjeu politique va-t-il prendre le pas sur les considérations budgétaires ? Le président a, en tout cas, l'occasion d'envoyer là un double message : vert et social.

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