C’est l’une des conséquences inattendues de la situation sanitaire actuelle. Avec l’arrivée des premiers rayons de soleil, les Parisiens, privés de restaurant, se rassemblent et mangent beaucoup plus dehors. Des déchets en plus à ramasser, la mairie de Paris a dû envoyer des renforts le week-end.

Louis et Gaëtan font partie aujourd'hui de l'équipe d'urgence venus épauler leurs collègues éboueurs de Paris
Louis et Gaëtan font partie aujourd'hui de l'équipe d'urgence venus épauler leurs collègues éboueurs de Paris © Radio France / Mathilde Dehimi

"Les gens veulent plutôt bien faire", explique Louis. Cet éboueur de Paris estime que 80 % vont jusqu’à une poubelle pour jeter leurs déchets. Mais les 33.000 poubelles de rue de la ville se remplissent très vite depuis que le soleil est revenu et que les températures sont clémentes. 

Ce week-end, Louis a travaillé rue des Rosiers où se suivent les restaurants qui proposent des sandwichs à emporter. "À peine, on avait fini de ramasser la rue, dit Louis, qu’il fallait tout recommencer !"

"On court partout, tout le temps", complète Gaëtan, qui fait lui aussi partie aujourd’hui d’une équipe Urgence propreté de Paris Centre, "le pire, c’est quand il y a du vent, il y en a partout et on doit d’abord s’occuper des montagnes de déchets avant d’aller chercher un peu partout les petits détritus." 

"Après le couvre-feu à 18h, on se dit ouf, on va pouvoir finir notre travail sans que ça s’accumule encore".

La mairie de Paris a dû renforcer ses effectifs Propreté notamment le week-end, "plusieurs centaines d’agents" dit la ville, répartis sur les points où se regroupent le plus de monde. Des équipes d’urgence sont notamment déployées l’après-midi.

Entre déchets et toilettes, les éboueurs ne sont pas à la fête

Jonathan, agent de maîtrise, responsable du secteur Paris centre l’après-midi, aimerait que les Parisiens utilisent aussi mieux les 250 Big Belly, ces nouveaux containers qui compressent les déchets. "On est censé pouvoir collecter ces poubelles compactantes six fois moins que les autres mais malheureusement, les gens voient un sac coincé dans la Big Belly parce que la personne précédente n’a pas refermé le sas, les autres pensent que c’est plein et préfèrent jeter à côté. »

Les éboueurs doivent aussi augmenter le lavage des rues car avec la fermeture des bars et restaurants les queues s’allongent devant les toilettes publiques et certains n’ont pas la patience d’attendre. 

Mais les efforts des éboueurs ne suffisent pas à certains. "Une journée sans insultes n’est pas une journée normale", explique Louis, philosophe, un commerçant venant de lui expliquer en langage fleuri qu’il était là pour tout ramasser. "C’est décourageant de voir les gens nous reprocher que tout est sale alors qu’on court partout en essayant de faire de notre mieux", abonde Gaëtan.