Cette somme, récoltée auprès des paroissiens est la principale ressource financière de l'Église. Or, cette dernière constate une baisse des dons en 2019. Parmi les raisons évoquées, l'incendie de la cathédrale parisienne, qui a attiré une partie des dons des catholiques français.

L'église Saint-Léon, à Paris
L'église Saint-Léon, à Paris © Radio France / Julie Pietri

"Prenez cette enveloppe ! L'Église ne vit que de votre générosité." Dans l'église parisienne Saint-Léon, une pile de documents a été placée sur le chemin qui mène à la crypte où se tient la messe durant l'hiver. À l'intérieur de ces enveloppes, le prêtre de la paroisse invite les fidèles à donner, en rappelant que le Denier de l'Église est l'une des ressources essentielles de la paroisse. Elle représente ici 52 % des recettes et sert notamment à payer les prêtres et les laïcs. 

Document d'appel aux dons, à l'église Saint-Léon
Document d'appel aux dons, à l'église Saint-Léon © Radio France / Julie Pietri

Cet appel au don "peut également apparaître en fin de messe, quand on nous demande de participer à la vie du diocèse", explique Axel, un jeune étudiant qui fréquente l'église et assure donner une fois par an. Plus âgée, Brigitte n'apprécie pas vraiment cette insistance : "Je donne régulièrement. C'est vrai que j'attends toujours le dernier moment, mais je suis toujours un peu agacée de recevoir des rappels, des rappels, des rappels... Même quand j'ai déjà donné d'ailleurs !" Surtout que dans cette église, et ce n'est pas la seule, un autre appel aux dons est affiché sur les panneaux d'information qui bordent les couloirs : pour Notre-Dame cette fois, afin d'aider à reconstruire la cathédrale incendiée. 

Les dons vont en priorité à Notre-Dame

Or justement, l'Épiscopat estime que cela a joué dans la baisse du Denier du culte cette année. _"_Ce qui est donné pour la reconstruction de Notre-Dame est autant de moins qui peut être donné pour l'église du coin ou pour les traitements des prêtres et salaires du diocèse auquel on appartient", détaille Ambroise Laurent, secrétaire général adjoint de la Conférence des Évêques de France, en charge des questions économiques.  "Les donateurs ont été déjà été sollicités et ils ont répondu massivement pour Notre-Dame." 

Cette baisse du Denier du culte (environ 2,5 % de moins, comme l'an dernier) s'explique également par d'autres facteurs, analyse la Conférence des Évêques de France, qui pointe par exemple la suppression de l'impôt sur la fortune ou la "perte de repères" liée au prélèvement à la source. Le Denier étant la principale ressource financière des diocèses, les effets se font déjà sentir : "Il peut y avoir par exemple des fermetures de salles paroissiales ou des départs à la retraite de laïcs qui ne sont pas remplacés", explique encore Ambroise Laurent.  

Pour tenter de mobiliser davantage les paroissiens, l'Église lance cette semaine une campagne baptisée "Merci", avec possibilité de contribuer en ligne. Elle en espère beaucoup, le mois de décembre étant traditionnellement une période de forte contribution. 

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