INFO FRANCE INTER- C'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, censée redonner un peu d'air à la vie démocratique. Mais sauf improbable retournement de situation, l'introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale ne se fera pas avant la fin du quinquennat.

François Bayrou avait fait de la mise en place de la proportionnelle l'une des conditions de son ralliement au candidat Macron, en 2017
François Bayrou avait fait de la mise en place de la proportionnelle l'une des conditions de son ralliement au candidat Macron, en 2017 © AFP / Irina Kalashnikova

Le sujet avait été remis sur la table il y a quelques semaines par plusieurs proches du président de la République, au premier rang desquels François Bayrou, le président du Modem. Mais aujourd'hui, l'avis est très largement partagé au sommet de l'État : entre la gestion de la crise sanitaire et les priorités affichées par Emmanuel Macron pour la fin de son mandat (plan de relance, lutte contre le séparatisme, "Beauvau de la sécurité", mesures en faveur de l'égalité des chances, référendum climat), il est impossible de mener en plus la réforme de la proportionnelle.  

Une réforme "plombée"

"C'est plombé", constate un conseiller haut placé, qui ne voit pas l'opportunité de lancer un tel chantier à quelques mois des élections. "Les citoyens attendent autre chose qu'une transformation institutionnelle", tranche ce fin connaisseur des dossiers en cours. 

"Le décalage serait trop important entre l'énergie déployée et le gain politique". 

Du côté de l'Élysée, on se contente de souligner que le chef de l'État a autre chose à penser en ce moment. Jusque dans les rangs du Modem, on sent bien qu'Emmanuel Macron a enterré le sujet. "C'est sûr que plus on se rapproche de la présidentielle, plus cela devient compliqué", regrette une cadre du parti centriste. "Et si le Président ne donne pas le signal, la réforme ne se fera pas." 

Un combat porté par François Bayrou

La mise en place de la proportionnelle à l'Assemblée nationale, c'est pourtant le grand combat de François Bayrou. C'était même l'une des conditions de son ralliement au candidat d'En Marche en 2017. "Il défend sa boutique", ironise un cadre du groupe LREM à l'Assemblée nationale. "Mais j'ai sondé mes sources au sein de l'exécutif : le président de la République n'est pas du tout sur ce sujet en ce moment. Changer les règles si près des élections, ce ne serait pas très intelligent"

"Bayrou se battra jusqu'au bout", promet pourtant un proche. Mais en l'état, sa meilleure chance semble de convaincre Emmanuel Macron de reprendre cet engagement dans son programme pour 2022.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.