Les "douches à l'italienne" de plain-pied, sans marches, sans obstacles à franchir seront généralisées dans les bâtiments d'habitations collectifs neufs dès 2020. Le gouvernement l'a décidé en ce mois de décembre, dans le cadre du Comité interministériel du handicap.

Sont concernés les "bâtiments d’habitations collectifs" dès 2020, a précisé le gouvernement.
Sont concernés les "bâtiments d’habitations collectifs" dès 2020, a précisé le gouvernement. © Getty / Benjamin C Tankersley

C'est une mesure qui va sérieusement modifier la physionomie de nos salles de bains. La douche telle que nous la connaissons le plus souvent aujourd'hui, avec son bac plus ou moins profond et cette sorte de marche qu'il faut franchir, n'existera plus à l'avenir dans les logements neufs. Elle sera remplacée par des douches à l'italienne, installées à même le sol. Sont concernés les "bâtiments d’habitations collectifs" dès 2020, a précisé le gouvernement. L'objectif : rendre les nouvelles salles de bains accessibles à toutes et tous. 

Une mesure saluée par les associations, mais pas par le bâtiment

"La présence d'un bac à douche est extrêmement complexe", souligne Nicolas Mérille, de l'Association des Paralysés de France-France Handicap. Cette mesure, il l'attendait, devant les difficultés rencontrées par les personnes handicapées au moment de se laver : "Pour les utilisateurs de fauteuils roulants, vous êtes dans une salle de bain donc avec déjà potentiellement un sol mouillé. Il faut que vous basculiez en deux roues, que vous franchissiez ce ressaut, cette petite marche, et que vous puissiez vous transférer sur le siège de douche équipé. La manœuvre est extrêmement dangereuse".

À ceux qui estiment que changer toute une réglementation pour une minorité de personnes n'est pas acceptable, il rétorque que la mesure profitera également aux personnes âgées et aux valides puisque les chutes, les accidents domestiques concernent tout le monde. "Et bien sûr, il sera tout de même possible d'installer une baignoire pour ceux qui le souhaitent". 

De son côté, la Fédération Française du Bâtiment rechigne. Avec ces douches, le siphon sera incrusté dans le sol. Pour dire les choses simplement, il faudra une couche de béton supplémentaire pour l’accueillir. La structure sera donc plus lourde et plus coûteuse, estime Alain Chapuis, référent accessibilité lui-même en fauteuil-roulant : "On sera également obligés de faire une étanchéité générale sur toute la surface de la salle de bains. Aujourd'hui, on nous demande de construire moins cher pour que le maximum de personnes puisse accéder à la propriété mais si on nous impose encore des choses, ce sera compliqué". 

Un entretien qui pose question

Autre interrogation : l'entretien une fois les logements construits. "On sait très bien que tout n'est pas très bien entretenu dans l'ensemble des logements", argumente encore Alain Chapuis, "quand c'est bouché dans un bac à douches, il y a forcément un trop-plein. Par le trop-plein, ça s'évacue. Alors que là, si le siphon est bouché, l'eau va monter, elle va se répandre dans la salle de bain, puis, on peut l'imaginer, dans l'ensemble du logement". Un cas extrême, concède-t-il, mais qui pourrait causer des sinistres importants.

Il plaidait, lui, avec la Fédération Française du Bâtiment, pour des bacs de douche extra plats avec un ressaut, une marche, de 2 centimètres avec siphon installé dans la cloison de la salle de bains. Mais cette solution là n'a finalement pas été retenue par le gouvernement. 

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