Une semaine après l'assassinat de Samuel Paty, le gouvernement annonce de nouvelles mesures pour combattre la haine en ligne. Il s’agit notamment de renforcer la surveillance des réseaux sociaux et de développer les moyens judiciaires permettant de poursuivre efficacement les auteurs de publications illicites.

Jean Castex, Premier ministre, accompagné de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur (à gauche) et Eric Dupond-Moretti, garde des Sceaux (à droite).
Jean Castex, Premier ministre, accompagné de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur (à gauche) et Eric Dupond-Moretti, garde des Sceaux (à droite). © AFP / Ian Langsdon

Dans les jours qui ont précédé son assassinat à Conflans-Saint-Honorine, Samuel Paty a d’abord été victime d’une campagne de menaces sur les réseaux sociaux. Une semaine après la décapitation en pleine rue de ce professeur, le Premier ministre a détaillé, à la sortie d’un conseil de défense, une série de mesures afin de renforcer les outils de lutte contre les messages haineux sur internet. Outre les deux nouvelles dispositions prévues dans le projet de loi sur les séparatismes, dans le but de protéger davantage les fonctionnaires et sanctionner ceux qui divulguent des informations personnelles en ligne en mettant en danger la vie d’autrui, Jean Castex a annoncé un plan d’intensification de la surveillance sur les réseaux sociaux.

Davantage de moyens pour la plateforme Pharos

Le Premier ministre affirme que la plateforme Pharos sera "renforcée sans délais en termes d’effectifs". Ce service spécialisé chargé du recueil des signalements illicites sur internet, compte à ce jour 31 investigateurs de la gendarmerie et de la police chargés de traiter plus de 200 000 signalements par an. Au ministère de l'Intérieur, on précise qu’une centaine de renforts doivent être déployés au total dans l’ensemble des services de police et de renseignements qui surveillent les réseaux sociaux. 

Des magistrats spécialisés

Depuis une semaine, 1 279 signalements à la plateforme Pharos ont été recensés. Ils ont permis 27 interpellations, souligne Jean Castex. Afin d’améliorer l’efficacité des poursuites judiciaires contre ces auteurs de publications et messages haineux, le Premier ministre a également annoncé la création d’un "pôle spécialisé au sein du parquet de Paris". Ces magistrats seront chargés de centraliser l’ensemble des poursuites sur le territoire, liées à la haine en ligne. 

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