Cinq affaires de menaces, de harcèlement à partir de piratages de numéros de téléphone privés, regroupées sur une audience correctionnelle, ce jeudi après-midi, devant le tribunal à Paris. Les plaignants s’appellent Martine Aubry ou encore Pierre Haski, à l'époque, directeur de la rédaction de Rue 89.

Ulcan va être jugé pour cinq affaires de menaces, de harcèlement à partir de piratage de numéros de téléphone privés
Ulcan va être jugé pour cinq affaires de menaces, de harcèlement à partir de piratage de numéros de téléphone privés © Capture d'écran France 2

Les affaires ayant été disjointes après une décision de la Cour de cassation, il s’agit ce jeudi des affaires de piratages de données privées et d’appels malveillants, notamment à la maire de Lille Martine Aubry. 

J'ai également trouvé l'adresse de Martine Aubry et son numéro mais je n'ai pas encore décidé quelle sanction serait appropriée pour elle.

Ulcan, de son vrai nom Grégory Chelli, avait, en septembre 2014, publiquement menacé de diffuser l'adresse et le numéro de la maire de Lille, après la décision du conseil municipal de suspendre son jumelage avec une ville israélienne. 

Le journaliste Pierre Haski a, pour sa part, fait l’objet de nombreux appels à toute heure lorsqu’il dirigeait la rédaction de Rue 89. Notre site Internet de France Inter avait d’ailleurs disjoncté après une cyberattaque durant une émission de Pascale Clark qui recevait justement Pierre Haski…

Parmi les faits d’armes d’Ulcan – probablement pas tout seul selon plusieurs sources proches du dossier – on peut citer le piratage du téléphone du PDG d’Orange Stéphane Richard et des menaces qui ont suivi.  

Ce jeudi, d’autres plaignants viendront témoigner de la violence des "canulars" de Grégory Chelli. Parmi eux, un homme domicilié dans l'Est de la France qui portait le même nom qu’une cible du cyber activiste franco-israélien. Une erreur. Ou encore les responsables d’une association, également de l'Est du pays, considérée par Ulcan comme proche de la mouvance néo-nazie et antisémite en France.  

Seulement une partie des affaires

Les affaires ont été disjointes après une décision de la Cour de cassation qui a annulé, en décembre dernier, le renvoi de Grégory Chelli devant une cour d’assises, au motif d’un problème de procédure dans le cadre de la plus grave des affaires le concernant : la mort par infarctus du père d’un journaliste de Rue 89, en juillet 2014. Grégory Chelli est accusé de s’être vengé d’un article du journaliste Benoît Le Corre, qui avait évoqué son activisme contre des sites propalestiniens et contre les médias osant commenter - et donc selon lui critiquer injustement - Israël et sa politique vis-à-vis des territoires palestiniens. 

Ulcan avait d’abord appelé le père de Benoît le Corre en faisant croire que son fils était mort. Quelques jours plus tard, il avait réussi à faire croire à la police qu’il était un homme retranché après avoir tué sa femme et leur bébé. Il avait alors donné l’adresse des parents de Benoît le Corre et les policiers avaient débarqué en force à 4h30 du matin. Le père du journaliste est décédé d’un infarctus quatre jours plus tard. Le juge d’instruction a établi un lien entre les deux événements, lien que Grégory Chelli conteste toujours via son avocat Gilles-William Goldnadel.   

Grégory Chelli, qui vit dans le sud d’Israël, n’a plus fait parler de lui – en France en tout cas – depuis quelques années, depuis qu’il a été placé en garde à vue par la police israélienne en lien avec ses affaires de menaces et de canulars. Mais l’État israélien n’a pas pour autant donné suite aux demandes de la justice française de le transférer à Paris.