Tokyo avait annoncé en décembre dernier que la chasse à la baleine allait reprendre ce 1er juillet, plus de 30 ans après y avoir renoncé. La fin d'une longue hypocrisie car concrètement, cette pêche n'avait en fait jamais cessé.

Harpon à baleine dans un musée de Minamiboso (Japon)
Harpon à baleine dans un musée de Minamiboso (Japon) © Radio France / Kazuhiro Nogi

C'est un hasard malheureux du calendrier : en plein G20, une conférence internationale où l'on parle beaucoup protection de l'environnement, c'est ce lundi que le retrait du Japon de la Commission baleinière internationale devient effectif. Un retrait annoncé en décembre dernier, après 30 ans où les baleiniers japonais n'étaient pas censés sévir dans les mers de la région.

Mais dans les faits, la viande de baleine n'a jamais disparu des étals japonais. Car Tokyo a exploité pendant des années une faille dans le moratoire international sur la chasse à la baleine, décrété en 1986 : les baleiniers continuaient de partir en mer, sous prétexte de faire des prélèvements scientifiques de cétacés.

Seulement 0,1 % de la consommation de viande

Désormais, le Japon va continuer plus ouvertement cette chasse à la baleine dans ses eaux territoriales et sa zone économique exclusive. Il promet de ne pas pêcher dans l'Océan austral : c'est la seule consolation pour les défenseurs des baleines, car c'est là que ces mammifères marins viennent se nourrir (c'est en quelque sorte leur résidence d'été).

Tokyo soutient que la plupart des espèces chassées ne sont pas menacées d'extinction, et que la pratique fait partie de la culture nippone depuis le XIIe siècle. Mais aujourd'hui, la consommation de chair de baleine est dérisoire au Japon : 0,1% de la consommation totale de viande, d'après le grand quotidien nippon Asahi.

Les baleines font aussi face à de nouvelles menaces :  prises accidentelles, collisions avec des cargos, bruit sous-marin, sans même compter la pollution plastique.

Les baleiniers islandais touchés au portefeuille

Le Japon rejoint la Norvège et l'Islande dans le groupe des pays chasseurs de baleines. Mais l'histoire ne semble pas aller dans leur sens : en Islande par exemple, les deux entreprises spécialisées dans le harponnage ont annoncé la semaine dernière qu'elles renonçaient à la saison 2019, ce qui n'était pas arrivé depuis 17 ans. La zone côtière, interdite de pêche, a en effet été étendue, obligeant les bateaux à aller beaucoup plus loin pour chasser, ce qui devient trop coûteux.

Ironie de l'histoire, le directeur général d'une de ces entreprises explique aussi qu'il devient de toutes façons de plus en plus difficile de vendre de la viande de baleine... sur le marché japonais.

Le retrait du Japon de la commission baleinière internationale est un coup dur pour le multilatéralisme. À l'annonce de ce départ en décembre dernier, l'Australie, la Nouvelle-Zélande mais aussi la France avaient fait part de leurs regrets.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.