L’UEFA, l’instance qui gère le football européen, va prendre des préconisations cette année pour limiter les têtes chez les enfants, suite à une étude qui fait un lien entre pratique du football et risque de mourir d’une maladie dégénérative. Reportage avec des jeunes footballeurs normands.

L'UEFA devrait prendre des préconisations cette année pour limiter le jeu de tête chez les enfants
L'UEFA devrait prendre des préconisations cette année pour limiter le jeu de tête chez les enfants © Radio France / Jérôme Val

C'est un geste très banal quand on joue au football : faire une tête avec le ballon. Mais un geste aujourd'hui remis en question concernant les jeunes. La fédération écossaise veut même le bannir à l'entraînement chez les enfants de moins de 11 ans (comme c'est déjà le cas aux Etats-Unis) sur la base d'une étude qui fait un lien entre la pratique du football et le risque de mourir d'une maladie neurodégénérative. En Europe, c’est l’UEFA qui va prendre des préconisations courant 2020 pour limiter ce geste chez les plus jeunes.

Le Sport Union Dives-Cabourg accueille plus de 220 jeunes de moins de 18 ans, garçons et filles confondus. Les adolescents ont trois entraînements par semaine mais les séances consacrées aux têtes sont extrêmement rares. 

"On a tous été joueurs. Ces séances de tête pure, on n’en a jamais vraiment connu", assure Rémy Vaubrun, éducateur au SU Dives-Cabourg pour les moins de 7 ans et les moins de 15 ans. "Je me vois mal aujourd’hui faire une séance spécifique tête où pendant une demi-heure, les enfants enchaînent tête sur tête. On ne va pas travailler le geste de la tête en lui-même. On va plus mettre l’accent sur l’orientation du corps. Au niveau des jeunes, on est très prévoyant. On évite de prendre des risques avec eux, on est là pour leur bien-être. Il faut penser à la suite."

Chez les jeunes du club, ce sujet n’est pas une préoccupation. Exemple avec Yoni, capitaine de l’équipe des moins de 15 ans du SU Dives-Cabourg : "On travaille surtout le positionnement du corps pour faire une tête du mieux possible. Il faut bien attaquer la balle, il ne faut pas la subir. Je suis défenseur central et du coup, sur les corners, je monte et je mets la tête. Il faut y aller et ça ne me fait pas peur."

Des risques démultipliés de maladie dégénérative

Une étude menée par une équipe de recherche de l’université de Glasgow en Écosse jette pourtant le trouble : elle montre que les footballeurs ont 3,5 fois plus de chances de succomber des suites d'une pathologie neurologique que le reste de la population. Dans le détail, le risque de développer la maladie d'Alzheimer est cinq fois plus important chez un ancien footballeur, quatre fois plus pour une maladie du neurone moteur et deux fois plus pour Parkinson.

Mais impossible pour l'instant d'imputer ce surplus de pathologies au jeu de tête. v"Aucune étude actuellement ne nous a démontré qu’on avait un lien entre des problèmes neurologiques quel qu’ils soient (les démences, Parkinson, les maladies de Charcot…) avec le football et encore moins avec le jeu de tête", précise ainsi Emmanuel Orhant, directeur médical de la Fédération française de football.

L’UEFA veut jouer la prudence

Au nom du principe de précaution, l'UEFA devrait toutefois préconiser dans les prochaines semaines de limiter au maximum l'utilisation de la tête chez les moins de 11 ans, ou plutôt de le faire autrement.

"Interdire les têtes, ce n’est pas la bonne pratique. En revanche, on va leur apprendre à faire des têtes", explique Emmanuel Orhant. "On va leur apprendre à muscler les cervicales, comme au rugby. Faire une bonne tête, c’est avoir une bonne technique et dans ce cadre-là, limiter le jeu de tête."

Une autre piste à l’étude à l’UEFA serait d'avoir des ballons moins gonflés pour les enfants. 

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