Éteindre la lumière pour admirer les étoiles. C'est le principe de l'événement "Le Jour de la Nuit" organisé ce samedi 12 octobre par l'association Agir pour l'Environnement. Elle entend ainsi sensibiliser sur la pollution lumineuse à travers plus de 700 événements dans toute la France.

Les communes sont incités à éteindre l'éclairage public cette nuit.
Les communes sont incités à éteindre l'éclairage public cette nuit. © Maxppp / Tim Somerset

Balade nocturne dans les marais du Cotentin, conférence sur la pollution lumineuse dans le Limousin, observation des étoiles avec des astronomes amateurs près de Lyon... : voici quelques exemples de sorties possibles ce samedi soir. Plus de 700 animations sont organisées à travers toute la France à l'occasion du "Jour de la Nuit". Lancée par l'association Agir pour l'environnement, cette 11ème édition incite l'État à agir contre la pollution lumineuse.

"L'enjeu c'est que les collectivités se saisissent de cette opération pour mettre en place des plans de réduction de l'éclairage public de façon à faire des économies et limiter l'influence de la lumière artificielle sur les écosystèmes nocturnes", explique Stéphane Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'Environnement. 

Une explosion de la lumière artificielle

De nombreuses communes comme Grenoble, Metz, Rennes ou Montpellier vont jouer le jeu ce week-end en appuyant sur l'interrupteur des lampadaires. À Paris, 250 bâtiments et ponts seront plongés dans le noir.  

En vingt ans, on a augmenté de 94% la lumière artificielle. L'enjeu à présent c'est la sobriété. 

Réduire l'éclairage, cela représente surtout des économies importantes pour le contribuable. D'après l'Agence de l'Environnement (ADEME), près de la moitié de la facture électrique des communes est dédiée à l'éclairage public. "On assiste aujourd'hui à une véritable prise de conscience", reconnaît Stéphane Kerckhove. "Les municipalités se rendent compte du coût financier et énergétique. Le problème, c'est que parallèlement, c'est le laissez-faire en matière de publicité et d'enseignes lumineuses". 

L'association Agir pour l'environnement demande donc à la ministre de l'Écologie de revoir les périodes d'extinction des bureaux, magasins et enseignes publicitaires. "Selon la loi, les bureaux et les commerces doivent éteindre entre 1h et 5h du matin. Nous, nous plaidons pour que cette amplitude soit élargie d'au moins 23h à 6h du matin. On appelle également à ce que la loi soit vraiment appliquée et que des sanctions soient prises lorsque ce n'est pas le cas". 

Protéger les insectes

Éteindre les lumières, c'est aussi bon pour la biodiversité nocturne. "La lumière artificielle a un impact sur les écosystèmes", rappelle le délégué général d'Agir pour l'Environnement. L'Association française de l'éclairage estime ainsi qu'elle est la seconde source de mortalité des insectes liée aux activités humaines, après l'utilisation des pesticides. 

La pollution lumineuse en chiffres, selon l'Association française de l'éclairage

  • Plus de 9 millions de points lumineux publics en France
  • Plus de 3 millions d'enseignes lumineuses
  • 33% des luminaires ont plus de 20 ans, une vétusté source de surconsommation
  • 574 communes labellisées "villes et villages étoilés" par l'ANCPEN, qui récompense les efforts réalisés pour réduire l'éclairage public.
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