INFORMATION FRANCE INTER | L'institution créée par Colbert espère pouvoir soutenir l'activité des artisans d'art en commandant de nouvelles œuvres ainsi que des restaurations d’œuvres stockées dans les entrepôts de l'État. Cette filière méconnue regroupe les ferronniers, doreurs et autres marqueteurs.

La manufacture de tapisserie des Gobelins à Paris dépend du Mobilier National
La manufacture de tapisserie des Gobelins à Paris dépend du Mobilier National © AFP / GUIZIOU Franck / hemis.fr /

Des tapisseries aux meubles, en passant par le design, c'est tout un secteur qui tourne au ralenti depuis le début de la crise du coronavirus. Cette vitrine de l'excellence française s'inquiète pour son avenir. 

Ancien maréchal-ferrant, Steaven Richard s'est reconverti dans la ferronnerie d'art. Comme l'ensemble de ses collègues artisans, il ne peut que constater les effets de la crise actuelle sur son activité. Tous ses chantiers se sont progressivement fermés, en France et à l'étranger. "Ça m'a obligé à réduire mes effectifs", explique-t-il. "On était une petite équipe d'une petite dizaine de personnes, et là on s'est redimensionné à 5 personnes avec du télétravail pour ceux qui pouvaient, mais aussi un travail en atelier réorganisé pour respecter les consignes sanitaires."

La commande d'État au secours des artisans

À l'image de Steaven Richard, toute la filière est en souffrance, soit 120 000 emplois en France. Habituellement, elle génère près de 15 milliards d'euros de chiffres d'affaires.

Le directeur du Mobilier national, Hervé Lemoine, annonce un plan pour soutenir l'activité : _"Notre première action, ce sera de commander des travaux de restauration des collections nationales en faisant appel à tous ces métiers. Le deuxième axe, ce sera d'organiser une commission exceptionnelle d'_acquisitions pour permettre à de jeunes designers, à de jeunes créateurs, de nous proposer des modèles, des projets que nous allons acquérir puis réaliser". 

Le Mobilier national, qui a pour mission de meubler les bâtiments officiels de la République française, compte également relocaliser une partie de ses achats de matières premières, comme la laine, les soies et le lin pour les tapis et les tapisseries du patrimoine. 

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