En France, le nombre de noyades a diminué de 22% cet été par rapport aux deux dernières années, à la même période. Fermeture des piscines, baisse du tourisme, météo, etc, plusieurs facteurs dus notamment à la crise du coronavirus expliquent cette baisse... qui pourrait ne pas durer.

Entre le 1er juin et le 04 août 2020, 596 passages aux urgences pour cause de noyade en France ont été enregistrés dans le réseau de surveillance OSCOUR.
Entre le 1er juin et le 04 août 2020, 596 passages aux urgences pour cause de noyade en France ont été enregistrés dans le réseau de surveillance OSCOUR. © AFP / Stéphane Ferrer Yulianti / Hans Lucas

La crise du coronavirus n'aura pas eu que des désavantages : elle a permis une baisse du nombre de noyades cet été.  Entre le 1er juin et le 4 août 2020, l'Organisation de la surveillance coordonnée des urgences (OSCOUR) recense 596 passages aux urgences pour cause de noyade en France, contre 811 en 2018 et 723 en 2019. Une baisse significative de 22% qui s'explique par la baisse de la fréquentation des bassins, piscines et plages.

Moins de baignades, moins de noyades

Au mois de juin, le nombre de passages aux urgences pour cause de noyade a diminué de 27%. Pour le mois de juillet, il a baissé de 18%. Selon Santé Publique France, on peut expliquer ces chiffres par la fermeture jusqu'au 22 juin des piscines publiques ou privées payantes (municipales, bases de loisirs, parcs d’attractions) et des piscines privées à usage collectif (hôtels, résidences de vacances, camping, clubs de vacances). Mais aussi à cause des conditions restrictives d’accès de certaines plages. Les baignades étant moins importantes que ces deux derniers étés, le risque de noyade est donc réduit. 

En plus, la fréquentation touristique de certaines régions a largement diminué au mois de juillet, affirme Santé Publique France. Les touristes étrangers surtout sont moins nombreux que d'habitude à cause du coronavirus, et cela "a aussi eu un impact sur les baignades", déclare l'organisme de santé. 

Le dernier facteur selon lui, est la météo du mois de juin et des 15 premiers jours de juillet. Elle a été moins favorable qu'à la même période en 2018 et 2019. 

Les enfants, les personnes âgées et le littoral sont les plus touchés

Alors qu'il est recommandé aux personnes âgées d'éviter au maximum le contact avec des personnes susceptibles de les contaminer et de limiter au maximum les déplacements dans des zones de forte densité de population, elles restent pourtant cet été la deuxième tranche d’âge la plus touchée par la noyade. Entre le 1er juin et le 4 août 2020, les personnes de plus de 65 ans représentent 12% des passages aux urgences pour cause de noyade. Les deux années précédentes, elles correspondaient à 13% et 15%. La différence n'est donc pas remarquable. 

Ensuite, 47 % des passages aux urgences pour noyades en France ont concerné les enfants de moins de 6 ans. Là aussi, cela "reste globalement similaire (aux chiffres) observés en 2018 et 2019 sur la même période", affiche Santé Publique France.

D'après les données de l'Organisation de la surveillance coordonnée des urgences (OSCOUR), la baisse globale des passages aux urgences pour noyade concerne quasiment toutes les régions. Entre le 1er juin et le 4 août 2020, par rapport à la même période en 2018 et en 2019, seules la Bourgogne-Franche-Comté, la Corse, les Hauts-de-France, les Pays-de-la-Loire ne connaissent pas cette baisse. En Nouvelle-Aquitaine et en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le nombre de noyades diminue mais de manière moins marquée. "Les régions du littoral restent celles enregistrant le plus grand nombre de recours aux urgences pour noyade sur la période", ajoute Santé Publique France. 

Quand les fortes chaleurs arrivent, les risques de noyades augmentent

Avec les fortes chaleurs ressenties en ce moment en France, nombreux sont ceux qui se mettent en quête d'un point d'eau pour se baigner et se rafraîchir. Santé Publique France assure effectivement la possibilité d'une augmentation du nombre de noyades en France. Certains baigneurs peuvent alors choisir des endroits interdits, comme les canaux et les rivières. "Parfois l'endroit est très bucolique, il fait chaud, c'est très agréable", conçoit Thierry Guimbaud, directeur général de Voies navigables de France (VNF), chargé de gérer la majeure partie du réseau. "Mais derrière, il y a des dangers". Chaque année, 20% des noyades accidentelles ont lieu en cours d'eau ou sur des plans d'eau. Ces baignades illicites représentent 40% des baignades mortelles dont les victimes sont le plus souvent des jeunes. "Les 15-24 ans paient le plus lourd tribut aux accidents" alerte Thierry Guimbaud. 

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