Plus que jamais décidée à profiter du réchauffement climatique, la Russie lance ce vendredi depuis Mourmansk, sa première centrale nucléaire flottante. Objectif : fournir l'énergie nécessaire aux plateformes d'extraction pétrolière et gazière de l'extrême-nord du pays. Un programme jugé à risques par les écologistes.

 L'Akademik Lomonosov, première centrale nucléaire flottante au monde, prend la mer ce vendredi, direction l'Extrême orient russe
L'Akademik Lomonosov, première centrale nucléaire flottante au monde, prend la mer ce vendredi, direction l'Extrême orient russe © AFP / Handout / ROSATOM

Elle porte le nom d'un grand savant russe du XVIIIe siècle, Mikhail Lemonosov, dont on n'est pas certain qu'il aurait apprécié la prouesse technologique... L'Akademik Lemonosov, centrale nucléaire d'un nouveau genre, se lance ce vendredi sur les eaux de la mer de Barents. À son bord, deux réacteurs d'une puissance cumulée de 70 mégawatts, capables d'alimenter une ville de 100 000 habitants. 

Après un voyage de 4 000 miles au-delà du cercle polaire arctique, la structure flottante, de 140 mètres de long pour 30 mètres de large, rejoindra le port de Pevek où des tests seront réalisés. L'objectif de Rosatom, l'agence fédérale chargée du développement du nucléaire en Russie, consistera à fournir de l'énergie aux nouvelles plateformes d'extraction pétrolières et gazières, souvent installées loin des réseaux d'électricité dans le grand nord russe.

Des garanties de sécurité en question

Dès l'annonce de sa conception il y a une dizaine d'années, cette centrale nucléaire flottante a généré les craintes des organisations de défense de l'environnement. Rosatom assure pourtant que la structure est insubmersible et qu'elle peut résister à des vagues de 7 mètres de hauteur. 

Les officiels affirment encore qu'en cas d'accident, le système de refroidissement des réacteurs peut fonctionner en totale autonomie pendant 24 heures. Une assurance toute théorique pour Greenpeace, par exemple, qui pointe notamment l'absence de véritables protections bétonnées comme pour les centrales "terrestres". Mais la crainte principale des opposants au projet réside surtout dans la livraison future de prototypes à des pays dont les normes de sécurité peuvent être aléatoires.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.