Alors que le gouvernement organise à la rentrée un "Grenelle" pour lutter contre les violences conjugales, plusieurs antennes départementales du Planning familial dénoncent une baisse de leurs subventions en Auvergne Rhône-Alpes. Dans le Rhône, la subvention de l'État pour les actions éducatives baisse de 30%.

L'entrée d'un planning familial (illustration)
L'entrée d'un planning familial (illustration) © Maxppp / PHOTOPQR - Ouest France - Daniel Fouray

C'est une mauvaise nouvelle qui est arrivée au cœur de l'été pour le Planning familial du Rhône. L'association a appris que la subvention de l'Etat pour 2019, versée par la Direction régionale aux droits des femmes et à l'égalité (DRDFE) de la préfecture de région Auvergne-Rhône-Alpes, sera amputée de 30%, soit 43 438 euros de moins pour cette année. "C'est totalement inacceptable et contradictoire avec les priorités affichées," estime Fanny Lelong, chargée de développement associatif au Planning familial 69.

Selon elle, le montant de la baisse de subvention s'élève à un équivalent temps plein. "Si ce qui est annoncé est maintenu pour cette année et les années à venir, nous allons être obligés d'arrêter des partenariats avec des établissements scolaires", regrette-t-elle. Cette subvention, versée par la DRDFE dans chaque région, finance des actions de prévention et d'éducation à la sexualité dans les établissements scolaires et les centres d'hébergement pour personnes en situation de handicap, notamment. Dans plusieurs départements, elle permet aussi de financer l'accueil des femmes victimes de violences ou souhaitant avoir recours à l'interruption volontaire de grossesse.

Des subventions en baisse de 10% en moyenne en Auvergne Rhône-Alpes, selon le planning familial

Dans tous les départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes, elle voit son montant baisser, assure Françoise Laurant, présidente régionale du Planning familial. "Il y a des régions qui vont voir leur financement baisser fortement et de façon durable pour essayer de faire que dans d'autres régions il puisse y avoir des actions", estime-t-elle. "Notre région est fortement frappée : on nous a prévenus qu'on risquait d'avoir une baisse de 50 à 60% sur 10 ans", ajoute-t-elle. En Haute-Loire, en Isère, en Ardèche ou encore dans le Cantal, la baisse s'élève selon elle à 10%, sans garanties de maintien pour les années suivantes.

"On voit au quotidien qu'on n'arrive pas à couvrir les besoins existants, il y a toujours autant à faire", détaille Fanny Lelong, qui ne comprend pas la baisse que va devoir supporter le Planning familial du Rhône. 

Sur le terrain, on voit qu'il y a encore une grande méconnaissance du corps, des notions de consentement. On est sur des représentations sexistes encore très fortes. Sur ces choses, on est obligé de continuer à travailler.

Le cabinet de Marlène Schiappa défend un budget en hausse

Contactée via la préfecture de région, la DRDFE n'a pas donné suite à notre sollicitation. Le cabinet de Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, qui organise le 3 septembre prochain un "Grenelle" consacré à la lutte contre les violences conjugales, répond que les crédits alloués à la lutte contre les violences envers les femmes sont en hausse de 25% dans la région Auvergne Rhône-Alpes, pour un budget régional de 2,7 millions d'euros. 

Des chiffres contestés par le Planning familial : l'association précise qu'ils représentent une enveloppe globale dans laquelle sont intégrées, selon Françoise Laurant, les subventions dédiées aux actions éducatives. Pour ces dernières, le budget ne s'élève, selon elle, qu'à 2,8 millions pour tout le pays.

En Haute-Loire, où une baisse de 10% de la subvention a aussi été annoncée, selon Martine Pirron, coprésidente du Planning familial au Puy-en-Velay, l'association dénonce des difficultés de plus en plus importantes pour assurer les actions de prévention. "Nous ferons moins d'actions, dit-elle. C'est très difficile, on se bat à tous les niveaux pour que le planning familial puisse garder la place qu'il mérite d'avoir".

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