Le tout premier combat officiel de MMA est organisé ce jeudi à Vitry-sur-Seine dans la banlieue parisienne, plusieurs mois après la reconnaissance officielle de cet discipline venue des États-Unis, avec la réputation d'un art martial ultra violent.

Le champion français de MMA Tom Duquesnoy sur le ring lors de l'UFC Fight Night à Londres, en mars 2018
Le champion français de MMA Tom Duquesnoy sur le ring lors de l'UFC Fight Night à Londres, en mars 2018 © AFP / Tolga Akmen

C'est une date attendue par tous les amateurs français de MMA : le tout premier combat public officiel, huit mois après la reconnaissance officielle de cette discipline, par le gouvernement, sous l'égide de la Fédération de boxe. Interdit jusqu'en février dernier, souffrant d'une image d'un sport ultra-violent, les combats de ce soir devraient marquer une nouvelle dynamique, et beaucoup anticipent déjà un essor fulgurant du MMA en France, MMA étant l'acronyme de Mixed Martial Arts.

Coups de pied, coups de coude, coups de poing, duel au corps à corps au sol : tout ou presque est autorisé dans le MMA. Un millier de spectateurs pourront le découvrir en vrai lors de cette première, avec une femme dans l'octogone (la cage où se déroulent les combats). "Je serai la première femme à combattre en France sur la première organisation" explique Laëtitia Blot. Cette ancienne championne de France de judo et de lutte a 37 ans. Elle a longtemps hésité avant de se tourner, il y a un an, vers le MMA. "C’était vraiment le fait de me dire qu'on allait abîmer mon visage. Je ne sais pas pourquoi, j'étais focalisée sur mon visage, mais au final il suffit de savoir parer les coups. On m'a montré par A B que ce n'est pas plus dangereux qu'un autre sport comme le rugby ou le judo où les nanas sont toujours jolies après des combats très difficiles", confie la championne.

La bretonne est le symbole de cette nouvelle génération de combattants qui profitent de la légalisation de ce sport en France pour s'y consacrer. Le MMA a longtemps souffert d'une image sulfureuse, mais l'autorisation de cette discipline va tout changer, espère Mickaël Lebout. Après avoir parcouru l'Europe, l'un des meilleurs français sera dans la cage ce jeudi soir. "J'ai signé avec une grosse organisation française, qui appartient au groupe Vivendi, donc c'est aussi le groupe Canal Plus qui a des accords de retransmission. Tout ça va forcement générer de la visibilité, donc des partenariats plus poussés. Il y a de très belles choses qui se préparent en France."

D'importants promoteurs privés lorgnent déjà le marché français, à l'image de la puissante UFC, la ligue américaine de MMA qui arrive à lever des montagnes de dollars. Et ce n'est que le début veut croire Mickaël Lebout. "L'UFC a les reins solides, il vont mettre en avant des commerçants français. Mais qui va aider en partenariats ces combattants français. On peut voir Teddy Riner sur des affiches de Renault par exemple, demain on verra peut être un combattant de MMA sur une affiche de pub de Kellogg's".

Une autre manifestation est organisée dès samedi à Paris. Le MMA est parti pour durer.