Le parti de Marine Le Pen comparaît mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour complicité d’escroqueries lors du financement des législatives de 2012. La justice accuse l'ex-FN d'avoir bénéficier d'un système de surfacturation, aux dépens de l'État. Sept ans plus tard, le parti a revu toute sa stratégie.

Plus d'emprunts ni de kits pour les candidats du Rassemblement national
Plus d'emprunts ni de kits pour les candidats du Rassemblement national © Maxppp / IP3 / Alexis Sciard

D’un extrême à l’autre. En 2012, tous les candidats du Front national aux législatives avaient été obligés, selon les juges d'instruction, à emprunter de l'argent pour acheter des kits de campagne, surfacturés par des amis prestataires (plus de 16.000€). Le parti estime que cette surfacturation est impossible à démontrer et qu'aucun élu n'en a bénéficié. 

Ce système a été abandonné pour les élections municipales de mars prochain. En 2020, chacun se débrouille. Le parti ne leur prête pas un euro, sauf exception. Et les candidats sollicitent donc leur propre banque ou de généreux amis et co-listiers. "C'est un parcours du combattant" assurent déjà plusieurs candidats.

Ni prêt, ni kit

Désormais, le parti ne leur fournit pas non plus de kits de campagnes, à l'origine de ce procès. Chacun s'organise dans son département. Il n'y aura que les bulletins de vote et les professions de foi qui seront centralisés, parce que directement remboursés à l’imprimeur.  

Le RN évite ainsi d’éventuels ennuis. "Et même si on voulait aider nos candidats, on n’y arriverait pas" avoue un cadre du parti. Il n’y a plus d’argent dans les caisses. 

Le parti de Marine Le Pen doit encore rembourser une partie de son vieux prêt russe de 9 millions, mais "On a trouvé une solution, le problème est réglé" assure le trésorier du RN, Wallerand de Saint Just, qui sur ce dossier ne rentre jamais dans les détails. 

L'autre problème, c'est le remboursement de Jean-Marie Le Pen. Le fondateur du parti avait prêté 6 millions d'euros pour la présidentielle de sa fille, en 2017, via son association de financement Cotelec. Et il reste encore 4 millions et demi d'euros à rembourser. Pour être sûr d'obtenir cet argent, il a introduit une cession de créance, qui lui permettrait de saisir directement en mars prochain la dotation du parti. "On devrait l'avoir rembourser d'ici là" prévient Wallerand de Saint Just. 

Le RN recevra, en effet, de l'État, sa dotation annuelle au moment des municipales, elle s'élève à 5,1 million d'euros. Une bouffée d'oxygène qui lui permettra de passer l'année. Mais reste l'immense défi du financement de la prochaine présidentielle de 2022. Un financement qui inquiète déjà de nombreux élus, puisque depuis 2017 les règles sont plus stricts. Elles empêchent notamment de faire appel à des banques extérieures à l'Union européenne. Marine Le Pen risque, à nouveau, de faire appel à un "emprunt patriotique" auprès des militants, comme ce fut le cas en 2017.

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