Depuis 21 ans l'armée britannique ne pouvait plus licencier des militaires à cause de leurs orientations sexuelles mais ne leur avait pas rendu leurs médailles. Ce que le gouvernement britannique consent enfin à faire. Un premier pas vers une réhabilitation qu'espèrent des milliers de vétérans.

Jusqu’en l’an 2000, l’armée licenciait des soldats en raison de leur orientation sexuelle et les privait de toutes leurs récompenses. En 2017, un groupe de soldats a défilé à la gay pride de Londres
Jusqu’en l’an 2000, l’armée licenciait des soldats en raison de leur orientation sexuelle et les privait de toutes leurs récompenses. En 2017, un groupe de soldats a défilé à la gay pride de Londres © Getty / in pictures / Jenny Matthews

C'est un début de réhabilitation pour des milliers de militaires britanniques brimés et exclus en raison de leur sexualité.

Jusqu’en l’an 2000, l’armée licenciait des soldats en raison de leur orientation sexuelle et les privait de toutes leurs récompenses. Le ministère de la Défense vient d’annoncer que ces militaires, homosexuels ou bisexuels, peuvent désormais réclamer leurs médailles. 

Opérateur radio dans la Royal Navy pendant 13 ans, Joe Ousalice a participé à la guerre des Malouines, effectué des missions en Irlande du Nord et au Moyen Orient. C'est un bon soldat. Mais quand sa hiérarchie apprend qu’il lui arrive de partager son lit avec un autre homme, sa vie bascule. En 1993, il passe devant une cour martiale. Il est licencié parce qu’il est bisexuel.

Il perd tout et tente de mettre fin à ses jours

"Pour mon dernier jour à l’armée, je me suis retrouvé devant le commandant de la base", raconte Joe Ousalice. "Il m’a dit que les gens dégoûtants comme moi n’avaient pas leur place dans ce monde. J’ai perdu ma maison, ma voiture, ma petite amie… Je me suis lourdement endetté, ça m’a pris 10 ans pour me remettre financièrement. J’ai tenté de me suicider en sautant d’un pont."

"C'est bien beau les médailles..."

Aujourd’hui, il a récupéré sa médaille mais si le ministère de la Défense agit, c’est parce que Joe a porté plainte. Son avocate Emma Norton est aussi la fondatrice du centre pour la justice militaire et elle n’a pas l’intention de s’arrêter là.

"C’est bien beau de parler des médailles mais ce n’est que le premier pas", explique Maitre Norton. "Il y a encore beaucoup à faire. À commencer par des compensations financières pour tous ces vétérans LGBT qui sont beaucoup plus pauvres qu’ils ne devraient l’être."

À 70 ans, Joe ne touche qu’une petite retraite parce que l’armée l’avait également dégradé avant de le mettre dehors. Son combat est celui de tous ses soldats humiliés jusqu’en 2 000.

"Ça concerne sans doute des milliers de gens"

Un combat que mène le lieutenant commander Craig Jones. Cet ancien de la Navy a dû cacher son homosexualité pendant toute sa carrière. Il dirige aujourd’hui l’association fighting with pride pour aider les vétérans LGBT.   

"Certains étaient condamnés pour homosexualité. D’autres pour préjudice au bon ordre de la discipline militaire et puis il y avait ceux qui été contraints à la démission. Ça concerne sans doute des milliers de gens" affirme-t-il.

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Boris Johnson lui-même parle aujourd’hui d’une "erreur historique" et reconnaît que ces anciens combattants ont été victimes d’une "grande injustice".