Les salaires des cadres ont augmenté de 2,4% en 2019, selon le baromètre Expectra, filiale du groupe Randstad. Il s'agit de la deuxième plus forte hausse depuis sept ans. Parmi les facteurs qui expliquent cette tendance : la transformation des entreprises qui font une part de plus en plus belle au numérique.

Le salaire médian d'un cadre s'élève à 45 793 euros.
Le salaire médian d'un cadre s'élève à 45 793 euros. © Maxppp / Dominique Gutekunst

Porté par une situation de plein emploi, avec un taux de chômage d'à peine 3,5%, et malgré un contexte économique moins dynamique, "le salaire des cadres a connu une nouvelle hausse majeure de 2,4%" en 2019, selon le baromètre Expectra, filiale du groupe Randstad, publié ce lundi. Cette hausse est certes en léger recul de 0,3 point par rapport à 2018, mais c'est la deuxième plus forte enregistrée depuis sept ans

Les dix meilleures progressions de salaires

Le salaire des contrôleurs financiers est celui qui a le plus augmenté en 2019.
Le salaire des contrôleurs financiers est celui qui a le plus augmenté en 2019. / Inforgraphie Expectra

Le domaine de la finance d'entreprise bénéficie le plus de cette nouvelle hausse. Les contrôleurs financiers et comptables clients ont vu leurs salaires augmenter respectivement de 8,4% et 7,3% en 2019. Aujourd'hui, le salaire médian (tel que la moitié des salariés gagne moins et l'autre moitié gagne plus) des cadres, tous secteurs confondus, s’établit à 45 793 euros par an.

La guerre des talents

Une tendance identifiée l'an dernier se confirme et favorise la surenchère des salaires : les entreprises se battent pour attirer les profils nécessaires à leur transformation numérique, alimentant de fait la guerre des talents, vu le peu de main d'œuvre sur le marché. Pour la plupart des cadres, qui dit compétence numérique dit progression salariale.

Plus que jamais, les voilà en position de force pour négocier leurs rémunérations. Les entreprises s'adaptent en revoyant à la hausse leurs propositions, pour fidéliser ou pour attirer les profils à plus forte valeur ajoutée dans le domaine du numérique. "Moi-même, j'ai des difficultés à recruter des informaticiens, des gens qui ont ces compétences pour être chef de produit, pour faire de l'intelligence artificielle, reconnaît François Béharel, dirigeant du cabinet de recrutement Randstad.

"Toutes les entreprises ont besoin de modifier leur modèle économique et de proposer des solutions nouvelles et, pour ça, il faut des compétences que le pays ne produit pas en quantité suffisante. Donc ça crée un décalage entre l'offre et la demande et les cadres seraient très mal avisés de ne pas en profiter pour revaloriser leurs salaires", ajoute François Béharel.

La tendance se vérifie dans tous les secteurs. C'est dans les groupes de BTP et de construction que les progressions de salaires sont les plus fortes (2,8%), devant la finance (2,7%) et le marketing (2,5%).

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