C’est un Vendée Globe hors norme qui s’élancera le 8 novembre. Les navigateurs devront passer un test deux jours avant le départ et s’ils sont positifs, les skipper resteront à quai.

Le Vendée Globe est sous haute surveillance sanitaire cette année : les skippers doivent suivre un protocole très strict pour pouvoir partir le 8 novembre prochain. Ici Maxime Sorel
Le Vendée Globe est sous haute surveillance sanitaire cette année : les skippers doivent suivre un protocole très strict pour pouvoir partir le 8 novembre prochain. Ici Maxime Sorel © Radio France / Jérôme Val

Le Tour du monde à la voile sans escales et en solitaire prend un visage particulier cette année dans un contexte sanitaire très strict. Le village, qui a ouvert le 17 octobre aux Sables d’Olonne, ne peut accueillir que 5 000 personnes en même temps, très loin des flots ininterrompus des éditions précédentes. Les navigateurs eux-aussi sont soumis à des règles draconiennes pour éviter toute contamination.  Et l'inquiétude est palpable sur le ponton des Sables d’Olonne. Un Vendée Globe à l’ère de la Covid-19, c’est un public tenu à distance des bateaux, derrière un petit filin. Et ce sont ses concurrents, tous masqués. "C’est plus compliqué de se rendre compte des sourires et des visages des gens. Mais maintenant on s’habitue", explique Alan Roura en enfilant son masque aux couleurs de son sponsor suisse La Fabrique. 

Mais bien plus que le port obligatoire du masque, ce qui inquiète les concurrents, avant même d’affronter les tempêtes, c’est l’ultime test PCR le 6 novembre, deux jours avant le grand départ. Il devient une source d’angoisse pour beaucoup. "Ça me perturbe bien évidemment, ça m’inquiète", raconte l’Italien Giancarlo Pedote qui part pour son premier tour du monde. "C’est une chose que je peux contrôler jusqu’à un certain point. Alors pour faire simple, je vais remplir mon frigo à quinze jours du départ de la course et une semaine avant, je m’enfermerai dans une maisonnette."

Sur cette 9e édition, la plupart des concurrents vont s'élancer avec des bateaux à foils pour pouvoir voler sur l'eau et aller plus vite.
Sur cette 9e édition, la plupart des concurrents vont s'élancer avec des bateaux à foils pour pouvoir voler sur l'eau et aller plus vite. © Radio France / Jérôme Val

S'isoler pour pouvoir concourir 

S’isoler pour éviter les contacts et ruiner un rêve : voilà comment vont procéder la très grande majorité des 33 concurrents au départ. L’organisation de l’épreuve les oblige à une semaine d’isolement mais la plupart vont se confiner bien avant pour fuir le risque de contamination. Car la règle est claire : un test positif et le concurrent reste à quai. Let ça, c’est le cauchemar du skipper. 

Le Vendée Globe est une épreuve qui se tient tous les quatre ans, des années d’efforts pour arriver à prendre le départ. "Certains ont pris des navigateurs remplaçants pour faire partir le bateau malgré tout", détaille Jacques Caraes, le directeur de course. "Mais la ligne est ouverte dix jours après le départ, pour des raisons techniques mais aussi médicales. Un concurrent positif avant le départ ne part pas mais il peut passer un second test quelques jours après. Le médecin de course peut lui donner si les résultats sont négatifs la possibilité de le faire repartir dans le délai des dix jours."

Le Vendée Globe est un défi sportif et humain, dans des conditions pas toujours faciles à l'intérieur de ces bateaux inconfortables. Ici Charlie Dalin
Le Vendée Globe est un défi sportif et humain, dans des conditions pas toujours faciles à l'intérieur de ces bateaux inconfortables. Ici Charlie Dalin © Radio France / Jérôme Val

La menace du Covid-19 aussi en mer

Le spectre du coronavirus planera aussi en mer. Les concurrents solitaires embarqueront du matériel médical pour diagnostiquer d’éventuels symptômes. "Ils vont emmener un tensiomètre pour mesurer leur tension, rapporte à France Inter Laure Jacolot, l’un des deux médecins du Vendée Globe. Et ils auront aussi un oxymètre pour évaluer leur taux d’oxygène. Un des facteurs de gravité du coronavirus, c’est la détresse respiratoire. Enfin, ils emporteront des masques FFP2, non pas pour eux puisqu’ils sont seuls sur leur bateau, mais pour protéger les équipes qui viendraient leur apporter des secours s’ils venaient à être évacués."

Avec la Covid-19, c’est un peu de féerie qui s’envole. Le jour du départ par exemple, seulement 9 000 privilégiés seront le long du chenal pour accompagner les skippers. Rien à voir avec une édition normale et ces scènes impressionnantes de foule sur les quais. Et c’est un énorme regret pour le natif des Sables d’Olonne Sébastien Simon, bercé depuis qu’il est enfant par les exploits des marins. "Pour moi, le Vendée Globe est indissociable de cette fête populaire grandiose. Le fait qu’il y ait moins de public, qu’on ne soit pas en mesure de montrer à nos partenaires et aux visiteurs nos bateaux, ça me déçoit un peu. Et quand j’entends dire qu’il n’y aura que 9 000 personnes sur le chenal le jour du départ, ça m’attriste clairement. Quelque part, j’ai l’impression qu’on me vole mon Vendée Globe."

Le skipper Jérémie Beyou.
Le skipper Jérémie Beyou. © Radio France / Jérôme Val

Des mots forts à la hauteur de la déception des participants. Mais malgré les contraintes, les inquiétudes et les angoisses, la 9e édition partira bien le 8 novembre. C’était loin d’être une certitude au cœur de l’été.

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