Prendre une photo de son lieu de vacances pour ensuite le partager sur son compte Instagram en le géolocalisant nuit à l'environnement. Voici le message de la campagne "I protect nature" du WWF. L'organisation lance sa propre géolocalisation pour sensibiliser les instagrameurs à la protection des sites naturels.

Géolocaliser ne rend pas forcément service aux paysages que vous avez tant aimé, comme ici, sur le GR20 en Corse
Géolocaliser ne rend pas forcément service aux paysages que vous avez tant aimé, comme ici, sur le GR20 en Corse © AFP / Only France / Roberto Palomba

Partager une photo sur un réseau virtuel peut avoir des conséquences bien réelles. C'est le constat du WWF qui lance une campagne sur instagram intitulée "I protect nature", je protège la nature en anglais. Selon l'organisation, lorsque les internautes publient une photo sur Instagram et géolocalisent le lieu de la prise de vue, ils en font la publicité et attirent à leur tour de nombreux touristes, ce qui peut se révéler néfaste pour la biodiversité. 

"Ça draine des flux de visiteurs vers des sites qui sont fragiles, qui sont protégés et qui étaient un peu cachés jusqu'à présent. Des flux de visiteurs que ces sites là ne peuvent pas absorber", précise Arnaud Gauffier, le co-directeur des programmes au WWF France. L'ONG cite l'exemple de lacs situés aux abords du GR20 en Corse qui ont été endommagés à cause du trop grand nombre de visiteurs. "Ils souffrent des piétinements des nombreux randonneurs. Les prairies humides autour de ces lacs sont en train d'être asséchées parce que le sol est tassé à cause des trop nombreuses visites" explique Arnaud Gauffier.

Une géolocalisation unique pour toutes les photos

WWF propose donc aux utilisateurs du réseau social de ne pas choisir la véritable géolocalisation du lieu qu'ils visitent, mais d'inscrire à la place la mention "I Protect Nature". Une géolocalisation unique pour des paysages divers et qui correspond en réalité au siège du WWF France près de Paris.

"Le message que l'on veut passer c'est : essayez de protéger ces lieux. Allez-y mais de manière modérée"  

Sensibiliser les internautes au tourisme de masse 

Le but de l'ONG est de sensibiliser les 14 millions d'instagrameurs français à la question du tourisme de masse et à ses conséquences. Selon Arnaud Gauffier, les pouvoirs publics doivent également agir. "C'est également un message à l'attention des collectivités et des décideurs. Il faut, soit aménager ces lieux pour pouvoir accueillir un nombre de touristes plus important en faisant en sorte qu'il n'y ait pas d'impact sur les sites, soit mettre en place des quotas. C'est exactement ce qui est en train d'être discuté dans certaines réserves naturelles de Corse : des quotas journaliers pour ne pas avoir trop de visites.

WWF veut également alerter sur la pollution liée au tourisme, en particulier en mer Méditerranée . La France apparaît comme le plus important producteur de déchets plastiques de la région avec 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques produits en 2016, soit 66,6 kg par personne qui se retrouvent parfois dans la nature. 

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