Léonard de Vinci pratiquait la science expérimentale pour s'approcher du mystère de la vie sur ses toiles. Le génie de la Renaissance a mené une enquête scientifique sans fin pour peindre au plus près la vérité des choses et des êtres. C'est ce que nous montre l'exposition que lui consacre le Musée du Louvre, à Paris.

Au travers de l'homme de Vitruve, Léonard approche les proportions idéales du corps masculin
Au travers de l'homme de Vitruve, Léonard approche les proportions idéales du corps masculin © Getty / Universal History Archive / Universal Images Group

Pour Léonard, la peinture c'est l'absolu, un absolu qui exige une connaissance profonde du monde et des êtres humains. C'est ce que nous montre l'exposition que lui consacre le Musée du Louvre à partir de jeudi 24 octobre.

Léonard de Vinci n'était pas seulement un touche-à-tout génial qui brillait entre recherches scientifiques et peinture. Sa soif de savoir était sans limite, puisqu'il ira jusqu'à pratiquer des dissections de corps humains pour en comprendre le fonctionnement, avec le désir de peindre aussi l’âme des êtres humains. Anatomie, géométrie, astronomie, mathématiques, mécanique des fluides, géologie, botanique, zoologie, architecture, le florentin n'aura de cesse d'expérimenter, pour s'approcher du mystère du vivant.

Léonard de Vinci, Déluge
Léonard de Vinci, Déluge / Collection Trust © Her Majesty Queen Elizabeth II

Face aux croquis mathématiques et anatomiques de l'artiste, Vincent Delieuvin, co-commissaire de l'exposition explique : "Pour Léonard de Vinci, la peinture, c'est l'absolu. Elle doit restituer la connaissance du monde. C'est un homme d'une exigence inouïe, une exigence qui l'amène à vouloir comprendre le monde dans son essence, dans son intériorité, plutôt que de la restituer directement dans sa peinture"

"Pour préparer chacun de ses tableaux, il a besoin d'un temps de travail scientifique, du temps aussi pour perfectionner sa technique picturale, avant de se mettre devant la toile, décrit-il. Et c'est ce qu'il va appeler la science de la peinture. Pour lui, la peinture est fondée sur une science". Toute une salle est ainsi consacrée aux manuscrits, croquis et recherches scientifiques de Léonard.

Les "proportions idéales"

À travers L'homme de Vitruve, il approche les proportions idéales du corps masculin, connaissance nécessaire à sa représentation. Ses croquis sur l'œil, sur les proportions du visage, prêtés par la Bibliothèque de Turin, l'ont sans doute inspiré pour le visage et le regard de la Joconde.

Ses études des muscles de la jambe et du mécanisme de flexion de la jambe, propriétés de la Reine d'Angleterre, lui permettent une approche du mouvement, le mouvement de la vie, qui est au cœur de son art.

Croquis sur l'œil et les proportion du visage
Croquis sur l'œil et les proportion du visage / Bibliothèque de Turin
Le regard de la Joconde
Le regard de la Joconde / Louvre
Etudes des muscles de la jambe et du mécanisme de flexion de la jambe
Etudes des muscles de la jambe et du mécanisme de flexion de la jambe / propriété de la Reine d'Angleterre

La Joconde concentre ce savoir scientifique

Toutes ses recherches sur l'anatomie, la lumière, l'optique, la géologie, vont inspirer ses chefs-d'œuvre. La Cène à Milan et surtout ses trois dernières toiles qu'il termine à Amboise : la Joconde, le Saint Jean-Baptiste et la Sainte Anne, des chefs-d'œuvre qui concentrent tout son savoir scientifique et pictural.

Fascinant, Léonard de Vinci n'aura jamais cessé d'étudier le vivant pour pouvoir atteindre son impossible quête dans la peinture : recréer les vibrations de la vie, s'approcher du mystère de la vie.

Léonard de Vinci, Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant Jésus, dite La Sainte Anne
Léonard de Vinci, Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant Jésus, dite La Sainte Anne / RMN-Grand Palais (musée du Louvre)_René-Gabriel Ojéda
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