De nouveaux clusters apparaissent, le plus souvent suite à des rassemblements. Dans ces conditions, organiser un anniversaire en famille tout en veillant à limiter les risques, c'est déjà un défi. Alors, quand la vedette du jour a 100 ans, l'enjeu est encore plus grand.

Mamie Colette s'apprête à fêter ses 100 ans avec toute sa famille, mais en prenant des précautions évidemment
Mamie Colette s'apprête à fêter ses 100 ans avec toute sa famille, mais en prenant des précautions évidemment © Emilie Örmen

Depuis juillet, la circulation du coronavirus repart et le nombre de nouveaux clusters se multiplie. Des foyers épidémiques favorisés par les rassemblements de personnes comme les concerts, les mariages, les rave parties ou les fêtes de famille. Colette Monnier s'apprête justement à célébrer ses 100 ans, entourée de sa grande famille. Des festivités sous haute surveillance

Elle a vécu la crise de 1929, la Seconde Guerre mondiale, la guerre froide. Colette Monnier sera centenaire le 29 août 2020 et cette habitante de Vandœuvre-lès-Nancy compte bien fêter ces cent ans de vie. Pour l'occasion, une quarantaine de proches se réuniront chez elle : "C'est beaucoup de monde, dans la maison ça ferait juste ... on a prévu de faire ça dans le jardin", explique-t-elle. Organiser l'événement en extérieur, c'est aussi un moyen de limiter les potentiels risques de transmission du virus. 

Ariane, l'organisatrice en chef et petite-fille de Colette, compte bien assurer la réussite de l'événement. Elle le prépare depuis janvier et le coronavirus a chamboulé ses projets. "On avait prévu des grandes tablées de six ou huit personnes, mais cette proximité est trop dangereuse, alors on s'est adaptés. On garde deux tables pour les personnes âgées et, pour le reste, on va installer des mange-debout pour quatre personnes. Ça permettra de fluidifier la circulation et de limiter la proximité des uns avec les autres", indique-t-elle, sans inquiétude mais avec prudence.

Ensemble mais sans embrassades

De la proximité avec son arrière-grand-mère, Emilie, qui vit à Paris, en meurt d'envie. Six mois qu'elle n'a pas vu Colette. Mais, pour la jeune femme de 24 ans, hors de question de la serrer dans ses bras, même si elle compte se faire tester avant le grand jour : "Mamie Colette, c'est vraiment une institution dans notre famille, elle s'est occupée de chaque génération, une vraie force de la nature. On est très proches d'elle, on a l'habitude de lui faire des câlins et elle en demande aussi... donc oui, ça va être frustrant de s'en empêcher mais c'est un moindre mal. On préfère ça plutôt qu'elle risque d'être contaminée.

Tous les invités et le personnel du service traiteurs devront porter un masque et ceux qui présentent des symptômes sont priés de rester chez eux. Ariane les a déjà prévenus. Elle ne prend pas du tout les gestes barrière et les enjeux de l'événement à la légère : "Mamie Colette a 100 ans donc on ne peut pas jouer avec le feu. Et il n'y a pas qu'elle, il y a aussi ses amis d'enfance, dont sa meilleure amie qui a 98 ans, des membres de la famille qui sont âgés et qui ont des pathologies diverses et variées. Au milieu de ça, on a aussi les soignants qui viennent voir Colette au quotidien et qui sont en contact avec d'autres personnes âgées." Alors, pas de place pour l'approximation. 

"On a 100 ans qu'une fois"

La petite-fille de Colette a longuement hésité à maintenir la fête "mais en même temps, il n'y aura pas vingt-mille autres occasions pour Colette d'être parmi autant de personnes qui lui sont chères à la fois, ce n'est pas n'importe quel anniversaire. On a 100 ans qu'une fois". Si le contexte épidémique venait à s'emballer à nouveau, Ariane est pourtant prête à tout annuler. Mais pour l'instant, quatre générations de convives ont réservé leur week-end pour célébrer la doyenne de la famille, bientôt membre du club très sélect des 22 000 centenaires de France. 

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