Une équipe de chercheurs du CNRS, de l'Inra et de l'université de La Rochelle ont découvert que les colonies d'abeilles mellifères (qui produisent du miel) seraient bien plus efficaces, feraient de meilleures réserves et multiplieraient les chances de survie de leur ruche quand elles évoluent dans des parcelles bio.

Ruches dans les Hautes-Alpes
Ruches dans les Hautes-Alpes © AFP / Bertrand Bodin

L'utilité des abeilles pour les écosystèmes où elles se trouvent n'est plus à prouver : elles pollinisent les fleurs sauvages et les cultures, en plus de produire le miel (pour elles et pour les humains). Mais ces insectes sont aussi particulièrement fragiles et sensibles au moindre changement environnemental. Dans les zones agricoles intensives, elles souffrent de la faible disponibilité de fleurs en mai et en juin, elles qui ne se nourrissent que de nectar et de pollen.

Les chercheurs du CNRS, de l'Inra et de La Rochelle Université ont étudié le comportement de 180 ruches dans le centre-ouest de la France, pendant six ans. Ils ont ainsi découvert que les parcelles cultivées en agriculture biologique auraient un effet bénéfique pour les abeilles, au-delà du fait qu'elles sont préservées des ravages de l'agriculture industrielle.

► DOCUMENT - Le communiqué de presse de l'Inra (avec lien vers l'étude complète)

Plus de ressources, moins de menaces

Dans ces parcelles bio, les abeilles disposent de plus de ressources, notamment via les adventices, autrement dit les plantes qui n'ont pas été installées par les cultivateurs mais se sont développées naturellement (abusivement surnommées "mauvaises herbes", pour les profanes). On y trouve donc 37 % de "couvain" (l'ensemble des œufs, larves et nymphes destinés à devenir des ouvrières) en plus, 20 % d'abeilles supplémentaires, et une production de miel plus élevée que dans d'autres ruches (+50 %).

Pour les chercheurs, ce foisonnement de vie peut être lié à différents facteurs : à la fois la "plus grande diversité de ressources en pollen", la "diminution de la mortalité due aux pesticides", et la "disponibilité accrue de fleurs mellifères à une plus grande échelle spatiale". Autrement dit, les abeilles ont de quoi se nourrir plus que correctement, meurent moins et ont un espace de récolte accru (de 1 à 3 km de leur ruche).

L'étude souligne que "l'agriculture biologique peut atténuer les effets négatifs de l'agriculture intensive" tout en favorisant "la survie de ces pollinisateurs essentiels que sont les abeilles".

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