Selon une étude de chercheurs de l'Université de Lund en Suède, dès six mois, les bébés sont sensibles aux interactions sociales et ont tendance à trouver amicale, une personne qui les imite.

Des études montrent qu'un que les touts petits aiment quand un adulte les imite
Des études montrent qu'un que les touts petits aiment quand un adulte les imite © Getty / Catherine Delahaye

On connaît l'importance du phénomène de mimétisme dans l'apprentissage du nourrisson. C'est en observant et en copiant les autres, qu'un petit enfant apprend, sans instruction, à mettre une cuiller à la bouche ou à faire au revoir de la main. Des études ont par ailleurs montré qu'un tout petit, dès la naissance, peut copier. "Il est, par exemple, capable de tirer la langue, si on lui tire la langue", explique la spécialiste en psychologie de la perception, Arlette Streri, qui mène, au pied de lits d'accouchées, des études auprès de nouveaux-nés. Mais que se passe-t-il quand ils sont eux-mêmes imités ? 

Une équipe de chercheurs de l'Université de Lund, en Suède, a mené une expérience avec des bébés de quatre à six mois. Selon ses résultats, publiés dans PLOS One, non seulement les bébés sont capables de comprendre quand un adulte les imite, mais ils semblent apprécier ce jeu.

Une expérience originale mais imparfaite

Dans l'expérience (qui ne s'est pas déroulée au laboratoire mais à la maison), un nourrisson et un chercheur sont assis à la même table. Le bébé de quelques mois est sur les genoux de sa mère. Trois caméras captent ses réactions. Pour lui, le chercheur est un étranger complet mais il a salué le bébé par son nom et le regarde.

À chaque réaction du nourrisson, il va adopter quatre comportements différents : mimer de façon identique ou pas, sourire ou rester impassible. L'expérience montre que c'est lorsqu'il l'imite en tous points que la réaction du bébé est la plus intense. Ainsi, quand le bébé tape la table, le scientifique fait la même chose, idem s'il frotte la table, s'il serre ses poings, ouvre les bras ou se penche en avant. Cet effet miroir, avec un adulte inconnu, n'avait pas été étudié jusqu’ici, selon Arlette Streri, professeur honoraire à l'Université de Paris. "Le nourrisson, à deux ou trois mois, arrive, quand on lui montre une vidéo, à reconnaître que c'est lui qui fait les choses, que c'est lui qui bat des jambes. Mais ici, ce qui est original, c'est qu'on voit qu'il a "conscience" qu'il est imité" souligne t-elle. 

Un face à face intense

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Selon les images fournies par l'équipe de chercheurs et détaillées dans leur publication, le bébé est plus attentif et sourit plus longtemps quand il est imité que lorsque l'expérimentateur fait des gestes sans rapport ou ne sourit pas. Selon les chercheurs, l'imitation contribue à nourrir la sensibilité d'un bébé aux autres et pourrait être essentiel dans le processus de cognition sociale. 

Pour Arlette Streri, du LPP, rien d'étonnant. Dès le premier jour de vie, ces interactions sociales sont importantes, note-t-elle. "C'est important de dire à une maman qui vient d'accoucher et qui est fatiguée, qu'elle doit interagir avec son bébé en le regardant. Quand il naît, c'est la première fois qu'il partage notre monde et il essaie de comprendre ce monde. Le langage, l'imitation, le regard sont des indices pour essayer de mémoriser le visage de la personne qui est face à lui. Ces interactions sont extrêmement importantes pour lui" .

L'échantillon d'enfants inclus dans l'étude est assez faible : 16. Et les conditions habituelles du laboratoire n'ont pas été retenues puisqu'en général, les mères ne doivent pas être auprès des enfants pour ce genre d'études. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.