C'est un peu l'arbre caché par la forêt des échecs et des retards de l'institut Pasteur et de Sanofi, en matière de vaccin en France : les deux candidats vaccins mis au point par Valneva et Ose Immunotherapeutics devraient arriver sur le marché d'ici fin 2021 - début 2022, avec des procédés différents.

Le laboratoire de biotechnologie Valneva va livrer ses premières doses de vaccins au Royaume-Uni
Le laboratoire de biotechnologie Valneva va livrer ses premières doses de vaccins au Royaume-Uni © AFP / Artur Widak / NurPhoto

Valneva, entreprise franco-autrichienne basée à Nantes, vient de recevoir dans ses locaux écossais la visite du Premier ministre britannique Boris Johnson : ce laboratoire de biotechnologie devrait en effet livrer 6 millions de doses à la Grande Bretagne d'ici la fin de l'année. L'Union européenne est en négociations.  Et Ose-Immunotherapeutics démarre des essais sur l'homme d'ici la fin du mois. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson dans les locaux écossais de Valneva, à Livingston, 28 janvier 2021
Le Premier ministre britannique Boris Johnson dans les locaux écossais de Valneva, à Livingston, 28 janvier 2021 © AFP / Wattie Cheung
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Formule sans ARN messager

Valneva fabrique déjà des vaccins, depuis une dizaine d'années. Celui conçu par exemple pour combattre l'encéphalite japonaise est efficace à 98%. Elle en développe également contre le chikungunya et la maladie de Lyme. Elle n'utilise pas la technique de l'ARN messager, mais la technique plus classique d'un virus inactivé. Ses contacts avec les instances françaises et européennes remontent à avril dernier, mais les Anglais ont été plus réactifs, selon Franck Grimaud, le directeur général de la start-up. "Se lancer dans un développement de vaccin, c'est très coûteux, très difficile", argumente t-il, "Il fallait absolument qu'on ait un soutien financier public pour que les doses soient mises à disposition du public le plus rapidement possible". 

Conception à Nantes, développement clinique en Autriche, production en Ecosse, et mise en flacon en Suède : voilà pour le parcours de production. Des contacts sont noués avec l'Union Européenne pour un prochain contrat, mais les premières 60 millions de doses iront à la Grande Bretagne. Ose Immunotherapeutics a, de son côté, reçu 5 millions d'euros de BPI France pour une technologie révolutionnaire : "Quelque chose de complètement disruptif " précise Jean François Balducchi, le directeur général d'Atlanpole, pôle de compétitivité nantais dans le domaine de la santé. Encore plus que l'ARN Messager, puisqu'il s'agit de doper les lymphocytes T qui vont tuer les cellules infectées en épargnant les cellules saines. 

Prédominance des grands groupes

C'est l'ingénuité et l'audace des start-up qui paie dans la course contre la montre de la lutte anti-COVID 19 : "Ce qu'il faut comprendre", indique Florence Hallouin, directrice d'Atlanpôle Biotherapies, "c'est que la plupart des innovations dans le domaine de la santé se font majoritairement au sein des PME. Les Big Pharma n'innovent pas. Mais culturellement les décideurs reconnaissent pourtant surtout ces grands comptes", regrette t-elle.

Il manque probablement une structure européenne pour corriger le tir, dit Franck Grimaud de Valneva : "Sans doute une agence européenne de santé qui soit dotée de 10 à 15 milliards d'euros pour pouvoir investir immédiatement et pour lancer le développement de vaccins très très rapidement." Structure - le Barda - qui existe aux Etats Unis et qui, dès février 2020, a financé plusieurs programmes à 500 millions de dollars chacun.