Les épreuves du baccalauréat débutent cette semaine, le jeudi 17 juin, avec la philosophie, seule épreuve à être maintenue avec le grand oral. Les élèves sont un peu déconcertés après leur année de cours tronquée.

Un élève de terminale révise ses cours de philosophie, avant l'épreuve, le jeudi 17 juin.
Un élève de terminale révise ses cours de philosophie, avant l'épreuve, le jeudi 17 juin. © Maxppp / Vanessa Meyer

Rien ne s'est déroulé comme prévu pour cette première édition du nouveau bac général et technologique. La réforme prévoyait des épreuves pour les premières et les terminales : 60% de la note finale du bac devait reposer sur ces épreuves et 40% sur le contrôle continu. Mais la crise sanitaire a tout chamboulé. Finalement, une partie des examens est annulée. Il reste la philosophie et le grand oral, mais ces épreuves ne compteront que pour 18% de la note finale du bac. Le contrôle continu représentera 82%. Dans le contexte particulier de la crise sanitaire, les candidats au bac 2021 ont le sentiment de faire les frais de cette nouvelle réforme. 

Les élèves doivent s'accrocher

C'est donc un bac très particulier cette année que vont passer les 715 000 élèves de terminale et les 535 000 élèves de première pour le bac de français. On peut dire que les candidats au bac 2021 ont déjà 20/20 en capacité d'adaptation. Depuis deux ans, entre une réforme contestée, des épreuves annulées, la crise sanitaire, les cours à distance et les changements de dernière minute, ils ont dû s'accrocher. Yanis, élève de terminale au lycée Montesquieu à Herblay, dans le Val d'Oise, en témoigne : "C'est une année particulière, vu qu'il y a déjà la nouvelle réforme, où tout n'a pas forcément été bien appliqué. Cela demande un petit peu de temps, peut-être plusieurs années de préparation selon moi et malheureusement on est l'année 'crash test' comment on dit". Yanis poursuit : "En plus de ça, il y a eu la crise sanitaire qui a aggravé les choses, c'est-à-dire qu'il a fallu s'adapter à un nouveau mode d'études avec des cours à distance pour pouvoir maintenir son travail. En ce qui me concerne, j'ai réussi à le faire, mais je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde."

C'est ce qui en fait une année particulière, un bac particulier. Les deux dernières années ont été placées sous le signe de beaucoup d'imprévus, beaucoup de situations inédites que personne en France n'avait jamais vues.  

"On nous a un peu négligés"

Rien ne s'est passé comme prévu effectivement. Dans ce lycée, les élèves avaient classe un jour sur deux depuis le mois de novembre dernier et des cours à distance le reste du temps. Chelsea trouve qu'elle a été moins bien préparée que les autres années. La jeune fille se sent un peu abandonnée : "Je trouve qu'on n'a pas été bien préparés et avec la situation sanitaire, ça a été difficile. On a perdu beaucoup de cours et l'année dernière, on n'a plus eu cours du tout à partir de mars jusqu'en septembre." 

On nous a un petit peu négligés je trouve, on n'a pas eu tant d'aide que ça.

Les professeurs ont fait au mieux en ne voyant leurs élèves que la moitié du temps, "avec le confinement au milieu qui a encore chamboulé les choses", se désole Pierrick Delaveau, qui enseigne en filière technologique au lycée Montesquieu d'Herblay. Comme ses collègues, il tente de rassurer les candidats : "Bien sûr, on va prendre en compte, en tant que correcteur, cette année particulière, avec beaucoup de bienveillance notamment sur le grand Graal."

On sait que ça a été une année difficile et on le dit aux élèves : on est conscient des difficultés, on est conscient que beaucoup essaient de bien faire et que pour certains c'est difficile.

Cet enseignant en est conscient : "Certains ont complètement lâché", mais il encourage les autres à aller jusqu’au bout : "On sait qu'une grande partie d'entre eux peut y arriver malgré ces circonstances. Moi je ne suis pas inquiet pour la plupart d'entre eux mais il va falloir quand même pour certains s'accrocher." Les derniers élèves se présenteront au grand oral le 2 juillet. Les candidats patienteront ensuite jusqu'au 6 juillet pour les résultats. Comme les lycéens, Pierrick Delaveau reconnaît que "c'est une année qu'on a hâte de voir se terminer !"